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Actualités

Le suspense des négociations entre les intégristes et Rome proche du dénouement

 
SOURCE - Jean Mercier - La Vie - 12 avril 2012
A moins d'un coup de théâtre, la réponse sur l'accord doctrinal ouvrant la voie à la normalisation des relations entre la Fraternité Saint Pie X et le Vatican serait donnée dans les jours à venir, mettant fin à un long feuilleton plein de rebondissements. Les plus optimistes envisagent un accord. 
 
Respectant l'ultimatum officieux qui lui avait été communiqué par le Saint-Siège, le 16 mars dernier, la Fraternité sacerdotale Saint Pie X (FSSPX) s'apprête à rendre sa réponse définitive à la proposition de réconciliation publiée par Rome le 14 septembre dernier sous forme d'un préambule doctrinal. L'officialisation de cette nouvelle pourrait tomber ce week-end, samedi 14 ou dimanche 15 avril.
 
Rappelons que le préambule doctrinal, selon Rome, « énonce certains des principes doctrinaux et des critères d’interprétation de la doctrine catholique nécessaires pour garantir la fidélité au Magistère de l’Église". Le texte laissait ouverts "à une légitime discussion" certains éléments ou textes du Concile Vatican II. Le 16 mars dernier, le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi avait demandé à Mgr Fellay, supérieur général de la FSSPX, de nouvelles clarifications.
 
Sauf volte-face de dernière minute, qui n'est pas à exclure, cette réponse de la FSSPX sera donnée de manière définitive. Un accord donné à un préambule doctrinal sans doute réaménagé n'est pas à exclure, qui ouvrirait alors la voie à une normalisation canonique de la Fraternité sur la base d'une prélature personnelle, forme canonique la plus probable.
 
« Depuis quelques temps, un vent d'optimisme s'est levé à Rome sur le dossier », explique un observateur du Vatican. De son côté, dans son sermon du Jeudi Saint, Mgr Fellay avait exhorté ses troupes à l'obéissance, un appel très clair à serrer les rangs. Il expliquait « combien les actes posés dans l’obéissance sont bénis et combien ceux qui sont posés dans l’indépendance ne sont pas bénis. Donc demandons à l’occasion de cette cérémonie, demandons vraiment au Bon Dieu de bien nous maintenir dans cet esprit, esprit d’obéissance, même si, encore une fois, on ne peut pas toujours l’exercer, à cause de cette situation, dans laquelle nous sommes ». De son côté, l'abbé Franz Schmidberger, supérieur du district d'Allemagne, avait récemment demandé la prière des fidèles pour l'aboutissement de ce dossier.
 
Cette ultime réponse lefebvriste interviendrait un peu plus de trois ans après la levée des excommunications des quatre évêques lefebvristes, le 21 janvier 2009, qui avait déclenché une série de discussions doctrinales sur une période de deux ans. Si Mgr Fellay décidait se signer un accord avec Rome, il ouvrirait une nouvelle étape qui entrainerait une période de turbulences au sein de ses troupes, qui pourrait conduire à un déchirement institutionnel, car de nombreux prêtres intégristes s'opposent à toute normalisation. Il resterait aussi à gérer le cas du négationniste Richard Williamson, sauf si celui-ci choisissait de se désolidariser de Mgr Fellay, ce qui est probable compte-tenu de ses positions proches du sédévacantisme.

 

L’épiscopat autrichien proteste contre les déclarations du grand mufti d’Arabie saoudite

Lu sur le site du quotidien La Croix, cette protestation bienvenue des évêques autrichiens contre les déclarations du Sheikh Abdul Aziz bin Abdullah. Puis-je suggérer respectueusement – si ce n’est pas encore fait, mais aucune information ne m’est tombée sous les yeux – à l’épiscopat français de faire de même ? D.H.

Alors qu’était organisée vendredi 23 mars à Vienne une « marche silencieuse pour les chrétiens persécutés », à laquelle a participé le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, la Conférence des évêques autrichiens a vivement condamné vendredi l’appel à la destruction des églises en Arabie Saoudite [pas en Arabie Séoudite où il n’y en a aucune ! mais dans toute la péninsule arabique (où elles sont bien rares), ce que l’auteur de l’article précise pourtant dans le § suivant… D.H.] lancé récemment par le grand mufti saoudien, le cheikh Abdul Aziz bin Abdullah.

Le cheikh Abdul Aziz bin Abdullah, grand mufti d’Arabie saoudite, a déclaré récemment à un groupe de députés koweitiens qu’il était interdit de construire sur la péninsule arabique, et donc dans les États du Golfe, de nouvelles églises. Il a également appelé à la destruction de l’ensemble des églises de la péninsule, « où il y en a beaucoup trop ».

« Une telle déclaration est pour nous, évêques, complètement inacceptable et incompréhensible, alors qu’il existe différentes initiatives de dialogue interreligieux sur la péninsule arabique », déclare la conférence des évêques autrichiens dans un communiqué publié à l’issue d’un rassemblement à Tainach (sud). Elle estime qu’une telle déclaration ne menace pas seulement les chrétiens sur la péninsule arabique, mais dans le monde entier. « Dans une période comme celle-ci, où les révolutions arabes créent des troubles dans toute la région, de telles déclarations n’aident pas les gens. »

« Nous demandons une explication officielle et une affirmation claire du droit d’exister des églises et des chrétiens dans cette région », exigent les évêques autrichiens.

Kathpress rappelle que le roi Abdallah a participé en 2008 à Madrid à un congrès pour le développement du dialogue interreligieux. En octobre dernier, l’Autriche et l’Arabie saoudite ont ouvert un centre pour le dialogue interreligieux à Vienne. Le projet s’est attiré les critiques en Autriche, car il a été initié et financé par l’Arabie saoudite, où règne le wahhabisme qui applique strictement la charia (loi islamique).

Dans un communiqué publié sur le site de leur conférence épiscopale, les évêques allemands également, par la voix du président de la conférence épiscopale allemande, Mgr Robert Zollitsch, archevêque de Fribourg-en-Brisgau, ont qualifié cette situation « d’insupportable » et font part de leur « préoccupation et de leur grande inquiétude ». Aux yeux de Mgr Zollitsch, l’auteur de cette déclaration « ignore le respect de la liberté de religion et la cohabitation pacifique des religions ».

Source : La Croix

Encore des agressions d’hindouistes contre des chrétiens au Karnataka

Quand c’est fini, ça recommence… Il semble que la saison de la chasse aux chrétiens par les hindouistes du Karnataka soit ouverte du 1er janvier au 31 décembre… Voyez cette dépêche de l’Agence Fides d’aujourd’hui… D.H. Accusations de conversions suivies d’un passage à tabac : c’est ce qu’ont fait subit au pasteur chrétien protestant Mallikarjun [...]
Observatoire de la christianophobie

 

’abbé Schmidberger appelle à prier pour la fin de la crise de l’Église

 

Dans une lettre lue dans toutes les chapelles et lieux de culte desservis par la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) en Allemagne, ce dimanche, l’abbé Franz Schmidberger, supérieur du district d’Allemagne de la FSSPX, a rappelé la teneur des demandes romaines faites à Mgr Fellay lors de son dernier entretien avec le cardinal Levada et la réponse qui doit être donnée par la Fraternité Saint-Pie X d’ici le 15 avril prochain.

Malgré les aspects désagréables de la procédure, l’abbé Franz Schmidberger voit qu’une solution satisfaisante peut être trouvée. Si celle-ci se réalisait effectivement, elle renforcerait, selon lui, considérablement ceux qui, aujourd’hui dans l’Église, travaillent à sa restauration. Dans le cas contraire, ils seraient plutôt affaiblis. L’abbé Schmidberger confirme bien ainsi l’importance de l’accord entre Rome et la Fraternité Saint-Pie X, non pas seulement pour elle-même mais pour toute l’Église catholique.

C’est pourquoi ils demandent aux fidèles allemands des chapelles de la Fraternité Saint-Pie X, demande que l’on peut étendre bien au-delà des frontières allemandes et même des frontières de la Fraternité Saint-Pie X elle-même, de prier avec insistance pour libérer l’Église de la crise dans laquelle elle est actuellement installée.

Cette analyse rejoint finalement celle que nous avions livrée le 16 mars dernier après la rencontre entre Mgr Fellay et le cardinal Levada, analyse partagée également par Jean-Marie Guénois et que sont venues renforcer les confirmations de Mgr Bonfils et la lettre ouverte de don Nicolas Bux. Des deux côtés, les portes restent donc ouvertes et pour l’Église, un véritable espoir de restauration.

 

Les Bibles et les croix interdites en… Pologne !

La quatorzième édition du championnat d’Europe de “balle-au-pied”, Euro 2012, organisée par l’Union des associations européennes de football (UEFA), se déroulera du 8 juin au 1er juillet prochains en Pologne et en Ukraine. Les dirigeants de l’Association polonaise de football ont fait connaître les objets qui seront interdits aux spectateurs dans les stades où se dérouleront les épreuves. Parmi ces objets, les croix et les Bibleslesquelles feraient partie de la catégorie des « matériaux racistes et xénophobes, fondés sur la propagande politique et religieuse ». Un scandale dénoncé par la députée polonaiseAnna Sobecka, membre du parti Prawo i Sprawiedliwość (Loi et Justice), qui s’est adressée au ministre polonais des Sports afin d’obtenir l’abolition de telles interdictions discriminatoires qui donnent « l’impression que le catholicisme se trouve dans la ligne de mire » des autorités. Anna Sobecka est connue en Pologne pour être la personnalité politique la plus active en matière de discriminations contre les catholiques.

Daniel Hamiche

 

Petit leçon à partir du diocèse de Blois

 

L’information a été donnée sur le Forum catholique. Non content d’avoir créé une paroisse personnelle pour la forme extraordinaire (la quatrième en France), Mgr de Germiny, évêque de Blois, viendra lui-même conférer le sacrement de confirmation selon le rite traditionnel en l’église paroissiale de Saint-Anne. Selon cette information, c’est la première fois que Mgr de Germiny donnera le sacrement de confirmation dans sa forme traditionnelle.

Dans plusieurs diocèses de France, l‘évêque du lieu procède lui-même à cette administration du sacrement de confirmation dans la forme extraordinaire. Récemment, Mgr Bonfils, administrateur du diocèse d’Ajaccio, l’a conféré dans une chapelle de la Fraternité Saint-Pie X, ce qui a donné lieu à des polémiques dans les milieux traditionalistes. Dans le diocèse de Blois, l’ambiance est plus calme. D’une part, il s’agit d’un progrès dans les relations entre l’évêque et la communauté des demandeurs de la messe selon la forme extraordinaire. D’autre part, l’évêque remplit ici l’une des charges fondamentales de son épiscopat. Tout doucement, le motu proprio continue donc de s’installer dans le paysage de l’Église en France, même si cette bonne nouvelle ne constitue qu’un aspect de la réalité de cette application.

La dernière lettre de Paix liturgique est ainsi consacrée à l’exigence qui est faite dans certaines paroisses et certains diocèses par les curés ou/et l’évêché d’avoir une liste nominative des demandeurs de la messe en forme extraordinaire. Largement abusive, et peu conforme avec la pratique de l’Église, ce genre de demandes avait fait son apparition lors de la publication de l’indult du 3 octobre 1984. Le texte de cet indult était le suivant :

 

Excellence,

 

Il y a quatre ans, à la demande du Souverain Pontife Jean Paul II, les évêques de toutes l’Église furent invités à présenter une relation :

- sur la façon dont les prêtres et les fidèles de leurs diocèses avaient accueilli le Missel promulgué en 1970 par le pape Paul VI, obéissant ainsi aux décisions du concile Vatican II ;

- sur le difficultés rencontrées dans la réalisation de la réforme liturgique ;

- sur les éventuelles résistances qu’il a peut-être fallu vaincre.

 

Le résultat de cette consultation a été envoyé à tous les évêques (cf. notitiae n.185, décembre 1981). D’après leurs réponses, il semblait que le problème des prêtres et des fidèles attachés à ce que l’on appelle le  » rite tridentin  » était pour ainsi réglé.

Mais comme ce problème subsiste, le Souverain Pontife, désirant donner satisfaction à ces groupes, offre aux évêques diocésains la faculté d’user d’un Indult pour permettre aux prêtres et aux fidèles, énumérés explicitement dans la requête présentée à leur évêque, de célébrer la Messe en utilisant le Missel Romain édité officiellement en 1962, tout en observant les normes suivantes :

Qu’il soit bien clair que ces prêtres et ces fidèles n’ont rien à voir avec ceux qui mettent en doute la légitimité et la rectitude doctrinale du Missel Romain promulgué par le Pape Paul VI en 1970 et que leur position soit sans aucune ambiguïté et publiquement reconnue.

Que cette célébration ne soit faite que pour les groupes qui la demandent ; qu’elle ait lieu dans les églises et les chapelles que l’évêque du diocèse indiquera (et pas dans les églises paroissiales, à moins que l’évêque ne le permette pour des cas extraordinaires) ; et qu’elle se fasse aux jours et dans les conditions approuvées par l’évêque, qu’il s’agisse des célébrations habituelles ou exceptionnelles.

Cette célébration devra se faire en suivant le Missel Romain de 1962 et en latin.

On ne devra faire aucun mélange entre les textes et les rites des deux missels.

Chaque évêque informera cette Congrégation des autorisations accordées par lui et, un an après la concession de cet Indult, des résultats de son application.

Cette concession, qui montre le souci du Père commun pour tous ses enfants, devra être utilisée sans préjudice de l’observance de la réforme liturgique dans la vie des communautés ecclésiales.

 

Je profite de cette occasion pour me dire dans le Seigneur, votre très dévoué.

 

+ AUGUSTIN MAYER 
Archevêque tit. de Satrianum

+ VIRGILIO NOE

Le texte ne contenait aucun demande de listes nominatives, mais celles-ci furent demandées. Même chose après le motu proprio Ecclesia Dei de 1988 et maintenant, donc, avec le motu proprio de 2007.

Comme l’écrit Paix liturgique :

 

« Juridiquement, il est donc parfaitement clair que la fourniture de la liste nominative des demandeurs n’est pas une condition de l’application du Motu Proprio. On ne doit jamais oublier que le Motu Proprio définit un « droit des fidèles du Christ », qu’ils soient Christi fideles prêtres (ils peuvent toujours célébrer en privé la messe en forme extraordinaire sans avoir à demander aucune permission) ou Christi fideles laïcs (ils peuvent demander en groupe à leur curé la célébration de la messe en forme extraordinaire dans leur paroisse). La loi (le Motu Proprio explicité par l’Instruction d’application) expose très clairement les modalités de la demande, lesquelles ne sauraient en aucune manière être « aggravées » arbitrairement par le curé ou l’évêque. Le fait pour une autorité paroissiale ou diocésaine de rajouter à une loi universelle une condition plus « onéreuse » comme disent les canonistes (en l’espèce, exiger les noms et adresses des demandeurs), est un abus caractérisé. »

 

Paix liturgique relève ensuite quatre points qui vont contre ce type demande :

1°) Ces listes sont surtout utilisées pour faire pression négativement sur les demandeurs ;

2°) Ces listes constituent une exigence manifestement discriminatoire

3°) Ces demandes sont impossibles à satisfaire car ontologiquement les « Silencieux »… sont silencieux ;

4°) Un grand risque : transformer les demandeurs en pétitionnaires revendicatifs

 

Sur le terrain donc, la réalité de l’application du motu proprio Summorum Pontificum est encore contrastée, avec des zones de réel progrès et des zones de résistance à son application. Mais on le voit à Blois, par exemple, un évêque peut changer radicalement la donne. Pour la réussite de la réforme bénédictine entreprise doucement par Benoît XVI, et dont Summorum Pontificum est l’un des éléments, il faut non seulement des textes, mais des hommes pour les mettre en application. Il faut une nouvelle génération d’évêques à la tête des diocèses de France. Ceux que nous avons nommé les évêques Summorum Pontificum

 

Une église de Baghdad attaquée à la bombe : deux morts, cinq blessés

Les terroristes, vraisemblablement islamistes, ont souhaité marquer, à leur façon, le 9èmeanniversaire de l’intervention américaine en Irak, en faisant exploser hier plus d’une trentaine de bombes dans plusieurs villes du pays causant la mort d’au moins 52 personnes et en blessant plus de 250… L’église syro-orthodoxe Saint-Matthieu de Baghdad a, elle aussi, été la victime d’une explosion qui a fait 2 morts (des gardiens du lieu de culte) et 5 blessés.

D.H.

 

Grégorios III rend hommage à Shenouda III
La force spirituelle et l'élan pastoral du monachisme copte

ROME, jeudi 22 mars 2012 (ZENIT.org) – Shenouda III a été "le patriarche de la plus grande Eglise orthodoxe du Moyen-Orient ", fait observer le patriarche Grégorios III.

Dans ce message, en date du 19 mars, à l’occasion de la mort du patriarche copte orthodoxe Shénouda III, le patriarche grec-melkite Grégorios III salue « la force spirituelle et l’élan pastoral du monachisme copte ».

« Nous perdons un ami avec lequel nous étions liés depuis de très longues années, rappelle-t-il. Déjà dans les années 60 et avant son élection à la tête de son Eglise en 1971, celui qui sera le futur Shenouda III, collaborait à notre revue œcuménique Al Wahda fil Iman (L’Unité dans la Foi), lui apportant sa vision toujours lucide et profonde. »

Tout juste rentré d’une tournée de plus de quinze jours des conférences épiscopales et des chancelleries européennes, Grégorios III, patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, d’Alexandrie et de Jérusalem a quitté Beyrouth pour Le Caire où il a participé, le 20 mars, aux funérailles nationales de Shenouda III exprimant ainsi l’attachement et la proximité de l’Eglise grecque-Melkite avec l’Eglise copte orthodoxe.

« Shenouda III a été le patriarche de la plus grande Eglise orthodoxe du Moyen-Orient incarnant en sa personne toute l’histoire de son Eglise », a déclaré Grégorios III avant de saluer « la présence de l’Eglise copte dans ce monde arabe, sa force spirituelle, son monachisme et son élan pastoral que Shénouda III incarnait si parfaitement. Cette Eglise, comme le disait Mgr Elias Zoghbi, longtemps vicaire patriarcal au Caire, est la seule Eglise non catholique à avoir su se renouveler sans jamais nier ses constantes. Nous tenons à saluer en particulier, les différents rapprochements et surtout les concrétisations dans des domaines aussi délicats qu’essentiels que le Concile de Chalcédoine ou encore l’Incarnation. Signe tangible de ce rapprochement entre l’Eglise copte orthodoxe et le Saint-Siège la signature le 10 mai 1973 à Rome de la Déclaration commune de Foi dans l’Incarnation du Fils de Dieu et la participation du pape Paul VI à la construction de la cathédrale Saint-Marc du Caire. »

« Shenouda III aura été un patriarche à la très haute pensée spirituelle qu’il a toujours su rendre accessible à tous par des prêches et des sermons restés dans les mémoires, servis par un esprit et un sens de l’humour tout à fait pharaonique et égyptien », ajoute le patriarche melkite.

Le patriarche Grégorios III a alors évoqué les célébrations de la Nativité de Notre-Seigneur au Caire selon la tradition copte auxquelles le patriarche melkite n’a jamais manqué depuis son élection au siège d’Antioche des Grecs-Melkites en 2001 et qui lui ont permis d’être chaque année aux côté de Shenouda III avant de joindre sa « prière à celle de toute l’Eglise copte orthodoxe pour le repos de l’âme de son regretté pasteur et que le Saint-Esprit éclaire les cœurs pour que le successeur désigné permette à l’Eglise copte de poursuivre sa mission toute particulière. »

 

Le “nettoyage ethnique” des catholiques de Bosnie-Herzégovine

Voici un article fort intéressant paru avant-hier sur le site de Radio Vatican (et signalé par le Salon Beige, un blogue “incontournable”). D.H.

Benoît XVI est préoccupé pour l’avenir des catholiques en Bosnie-Herzégovine. Les statistiques annuelles des curies diocésaines sont alarmantes. Il y avait 800 000 catholiques en 1991 dans le pays, ils ne sont plus que 440 000. Certaines paroisses ne comptent plus que quelques fidèles très âgés. Les évêques de Bosnie Herzégovine et de Croatie se sont retrouvés fin janvier à Sarajevo pour une assemblée conjointe, en présence du nonce apostolique. L’Osservatore romano publie le message qui leur a été adressé, au nom du Pape, par le cardinal Tarcisio Bertone, Secrétaire d’État du Saint-Siège. Le texte attire l’attention des évêques sur la grave question de la survie de foi et de la population catholique dans le pays. Il salue la tenue d’une réunion conjointe, signe de l’unité entre les deux Églises, qui se distinguent par leur dévotion au Pape, par leur engagement ecclésial face aux nombreux défis auxquels le peuple croate est confronté, et par leurs gestes de solidarité à l’égard des plus démunis.
Il y a quelques jours, le cardinal Vinko Pulijic, archevêque de Sarajevo, avait dénoncé, selon ses propres termes, le nettoyage ethnique pratiqué contre les catholiques avec l’approbation tacite de la communauté internationale. Interrogé par l’association Aide à l’Église en détresse, le cardinal Puljic avait affirmé que les musulmans dominent tout et qu’ils poussent les catholiques à quitter le pays. Il est désormais très difficile en Bosnie-Herzégovine de construire de nouveaux lieux de culte, alors que, toujours selon le cardinal Puljic, rien qu’à Sarajevo plus de 70 nouvelles mosquées ont été financées ces dernières années par l’Arabie Saoudite. La guerre des années 90 a fortement affaibli les structures ecclésiales ; de nombreux réfugiés ont préféré ne pas rentrer en Bosnie, surtout en raison de la situation économique.
Le message du cardinal Bertone reconnaît la gravité de la situation et exhorte les évêques à ne pas se résigner ni se laisser décourager. Pour y parvenir, ils devront aussi collaborer avec les autorités civiles afin que le peuple croate puisse continuer à accomplir sa mission ecclésiale en Bosnie-Herzégovine.

 

Don Nicola Bux à la FSSPX : « Venez à Rome en toute sécurité »

Mon confrère Christophe Saint-Placide en a déjà parlé, mais ce document est de la premùière importance et je m’y permets donc d’y revenir.

Sur le blog de la Scuola Ecclesia Mater, dont il est l’un des inspirateurs, don Nicola Bux, grand promoteur et vulgarisateur de la « réforme de la réforme » de Benoît XVI, consulteur de nombreux dicastères romains, vient donc de publier une lettre ouverte à Mgr Fellay et aux prêtres de la Fraternité sacerdotale saint Pie X.
Datée du 19 mars, en la fête solennelle de saint Joseph, cette lettre invite le Supérieur général de la Fraternité à ne pas laisser passer « l’occasion de grâces que le Seigneur [vous] offre ». Parlant de « moment opportun », don Bux reconnaît « que de nombreux faits du concile Vatican II et de la période qui l’a suivi, liés à la dimension humaine de cet événement, ont représenté de vraies calamités et causé de vives douleurs à de grands hommes d’Église » mais affirme sa conviction « que Dieu a préparé et continue de préparer au fil de ces années des hommes dignes de remédier aux erreurs et aux abandons que nous déplorons tous ».
Selon lui : « Déjà apparaissent, et apparaîtront toujours plus, de saintes œuvres isolées les unes des autres mais qu’une stratégie divine relie à distance et dont l’action constitue un dessein ordonné, comme cela survint miraculeusement à l’époque de la douloureuse révolte de Luther. »
Enfin, se faisant l’interprète du pape, don Nicola Bux écrit : « Le cœur du Saint Père frémit : il vous attend avec anxiété parce qu’il vous aime, parce que l’Église a besoin de vous pour une profession de foi commune face à un monde toujours plus sécularisé et qui semble tourner irrémédiablement le dos à son Créateur et Sauveur. »

Des propos forts qui ne diffèrent guère que par leur caractère public de nombreuses déclarations faites en privé à Mgr Fellay par de hauts responsables romains la semaine dernière.

Il est intéressant de noter que l’original de cette lettre ouverte (repris sur le site du périodique  »L’Homme nouveau« ) est en français, même si le blogue de Don Bux la publie en italien.

 

rencontre au Mexique avec Notre Dame de Guanajuato
Histoires de vie et de foi sur le chemin de Benoît XVI

Paloma Rives

Rome, mercredi 21 mars 2012 (ZENIT.org) – Trois jours seulement nous séparent du voyage pastoral du pape Benoît XVI au Mexique. Moyens de communication, fidèles catholiques et société civile – disposée à recevoir un message de fraternité et d’espérance – se rencontrent dans l’attente de cette visite, qui coïncide avec le vingtième anniversaire du début des relations diplomatiques entre le Mexique moderne et le Vatican (1992).

En effet, les actions, les efforts et les rappels du Saint-Siège en termes de droits de l’homme, outre la défense de la vie humaine et le refus de la violence et du terrorisme, méritent une attention particulière. Tout ceci est le fruit des relations que le Vatican entretient avec 172 pays, des missions spéciales (avec la Fédération russe, l’Autorité nationale palestinienne et l’Union européenne), ainsi que de son statut d’Observateur permanent à l’ONU et de sa participation en tant que membre d’autres organismes internationaux comme l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et le Conseil de l’Europe.

Des actions du Vatican en direction de l’être humain, des personnes, sans distinction de croyance religieuse. D’où l’attente du message de Benoît XVI.

L’actualité requiert précisément l’union de ceux qui cherchent, au-delà de leurs options spirituelles, un bien supérieur, un bien communautaire qui permette de reconsidérer les besoins de l’être humain au regard des difficultés qu’affronte toute la société. C’est pour cela que le pape Benoît XVI rencontrera le président mexicain Felipe Calderón Hinojosa, dans l’après-midi du samedi 24 mars, dans la Casa del Conde Rul, à Guanajuato.

Cette villa, située sur la place de la Paz, à quelques pas de la basilique Notre-Dame de Guanajuato, a appartenu à don Antonio de Obregón, comte de Valenciana. Elle a été construite avec les richesses obtenues grâce à trente années de travail ininterrompu dans la mine qui a donné son nom au titre nobiliaire (Valenciana). Les bénéfices tirés de la découverte de cette mine furent tels que, d’après les habitants de Guanajuato, Antonio de Obregón fit recouvrir de draps d’argent la route qui allait de son habitation précédente (qui se trouvait près de la mine) jusqu’à l’église de saint Gaétan (500 mètres environ), pour sa fille s’avançant vers l’autel le jour de ses noces.

Le Comte de Valenciana – Diego de Obregón – fit construire justement à ce moment-là la villa en question et l’on dit de lui qu’il était un homme juste et respecté, pour avoir été le premier à contribuer aux intérêts des mineurs. Toutefois, l’écu au dessus de la façade et le nom de la maison viennent de Diego Rul. Après la mort du second comte de Valenciana, jeune et sans descendance, sa sœur ainée, Ignacia, épousa le colonel Diego Rul qui reçut le titre de comte de Casa Rul en 1804.

C’est ici, des balcons de la villa, œuvre de l’architecte Francisco Eduardo Tresguerras, que Benoît XVI saluera une centaine d’enfants rassemblés sur la place de la Paz, après la rencontre du pape avec le président mexicain.

Il faut se souvenir que, en raison de la proximité des lieux que nous venons de décrire, en empruntant la route qui amène à la maison du comte Rul, le pape passera devant l’entrée principale de la basilique où se trouve la sainte patronne de la ville : ce sera pour lui une rencontre tout à fait spéciale.

Nous voulons parler de cette rencontre entre Marie, Mère du Christ, que l’on invoque sous le vocable de Notre Dame de Guanajuato, et le Successeur de saint Pierre.

L’archiprêtre de la basilique, Mgr Rodríguez Alba, a bien voulu accueillir ZENIT pour une brève conversation dans son bureau. On perçoit une certaine effervescence autour de la visite imminente de Benoît XVI : réunions, personnes au travail devant leur bureau, mais surtout une atmosphère agréable, souriante et paisible. Mgr Rodríguez Alba raconte : « On portera la statue à la porte de l’église pour que le pape la bénisse et que la Vierge bénisse à son tour le pape ».

« Tous les ans, le 9 août, explique Mgr Rodríguez, le groupe de la Fraternité des porteurs fait descendre la statue de la Vierge de Guanajuato. La statue est ensuite exposée pendant un certain temps devant chacune des trois portes de la basilique pour que les visiteurs puissent recevoir sa bénédiction et le lendemain, les fidèles peuvent passer sous son manteau, près de l’autel ».

« C’est une occasion particulière, continue l’archiprêtre. Lorsque nous voyons ou écoutons un fils qui cherche sa mère, cela nous remplit immédiatement de tendresse, mais quand c’est une mère qui cherche son fils, nous savons qu’il y a, au-delà de la tendresse, une espérance. La Vierge viendra à la rencontre du pape sur le trajet qui mène à la maison du comte Rul. Prions notre sainte patronne de continuer de l’aider dans sa mission difficile de vicaire du Christ ».

Leonardo Ávila Luna est le « gardien principal » de la Fraternité des porteurs de Notre Dame de Guanajuato ; membre depuis quarante ans de la Fraternité de ceux qui ont l’honneur de porter la statue dans les grandes occasions, il avoue volontiers : « C’est difficile de décrire l’émotion que l’on ressent en portant notre Vierge, on en a des frissons ».

Cette exposition de la Vierge à la porte d’entrée de la basilique, à l’occasion de la venue du pape, revêtira une signification toute particulière « Ce ne sont pas des temps faciles pour le pape. De même que Marie est toujours restée aux côtés du Christ sur la via crucis, ainsi Notre Dame de Guanajuato ira à la rencontre de son fils, Benoît XVI ».

Traduction d’Hélène Ginabat

 

ZF12031907 - 19-03-2012
Permalink: http://www.zenit.org/article-30409?l=french

CUBA ET MEXIQUE : UN VOYAGE SOUS LE SIGNE DE L'ESPÉRANCE


Les enjeux de cette visite, par le P. Lombardi


 

Isabelle Cousturié

ROME, lundi 19 mars 2012 (ZENIT.org) – Le voyage de Benoît XVI au Mexique et à Cuba est un voyage « de l’espérance », estime le P. Lombardi.

Vendredi prochain, 23 mars, Benoît XVI entamera son 23ème voyage pastorale hors d’Italie qui le conduira d’abord au Mexique puis à Cuba, où les attentes sont très fortes.

« Toute l’Amérique latine est prête à écouter le message de Benoît XVI, déclare le P. Federico Lombardi, porte-parole du Saint-Siège, dans son éditorial pour « Octava Dies », le programme hebdomadaire du Centre de Télévision du Vatican (CTV) dont il est le directeur.

Il revient sur les raisons et les enjeux de cette visite qui aura lieu du  23 au 27 mars prochain et qu’il place sous le signe de « l’espérance » : pour les Mexicains, pour les Cubains et pour toute l’Amérique latine.

Pour les Mexicains, explique-t-il, qui est « un peuple aux grandes possibilités et ressources, mais tourmenté aujourd’hui par de graves problèmes qui pèsent sur son présent et sur son avenir, à commencer par une violence dramatique ».

Pour les Cubains,qui « se sentent aux portes d’une nouvelle ère possible, et où l’on espère que les paroles prophétiques de Jean-Paul II sur l’ouverture réciproque entre Cuba et le monde, puissent  s’avérer dans un climat de développement, de liberté et de réconciliation ».

Et enfin, conclut le P. Lombardi, pour toute l’Amérique latine, où « une Église, engagée dans la ‘mission continentale’ lancée lors de l’Assemblée d’Aparacida, souhaite pouvoir continuer à mettre son inspiration au service du continent et  faire en sorte que, malgré les difficultés et les risques de notre temps, les valeurs humaines et chrétiennes garantissent le développement intégral des personnes ».

Les motifs du prochain voyage de Benoît XVI au Mexique et à Cuba sont nombreux et bien connus, rappelle-t-il : le bicentenaire de l’indépendance des peuples latino-américains et le grand désir des Mexicains d’accueillir le Pape ; le 20ème anniversaire des relations diplomatiques entre le Mexique et le Saint-Siège ; le 4ème centenaire de la découverte de la statue de Notre-Dame de la Charité du cuivre, patronne de Cuba, et l’année jubilaire organisée à cette occasion.

Mais ce voyage au cœur du continent américain, ajoute-t-il, aura surtout un dénominateur commun propre à tous ses voyage, qui est celui d’ « accomplir sa mission de pasteur universel », mandat que lui a conféré le Christ et qui consiste à « affermir ses frères dans la foi ».

Comme il l’a par ailleurs rappelé, vendredi 16 mars, au cours d’un briefing pour les journalistes accrédités près le Saint-Siège, ce voyage intervient alors que depuis 2009, à tour de rôle, les pays d’Amérique latine célèbrent le bicentenaire de leur indépendance.

Il s’agit, sous tant d’aspects, d’une suite au travail pastoral déjà commencé par Jean Paul II, a-t-il souligné, puisque Benoît XVI se rendra dans beaucoup de lieux que son prédécesseur, malgré ses désirs,  n’avait pu visiter.

La visite de Benoît XVI,  était attendue dès le début de son pontificat et, selon le père Lombardi, compense en quelque sorte la déception des Mexicains qui n’ont pu bénéficier de sa présence lors de la rencontre mondiale des familles en 2009.

Revenant sur le programme de Benoît XVI au Mexique, il a précisé que celui-ci ne visiterait ni la capitale ni le sanctuaire de Guadalupe, que Jean Paul II avait visités, mais qu’il se rendrait à Leon, où il présidera un grand pèlerinage au sanctuaire du Christ Roi, sur le mont Cubilete,  et à Guanajuato, située au centre exact du pays, où sa visite aura « une valeur symbolique très forte pour la population mexicaine entière », a-t-il ajouté.

Le P. Lombardi a rappelé que le pape ne se rendra pas à Mexico, parce qu’elle fut l’étape des précédents voyages de son bienheureux prédécesseur, et pour lui éviter, en raison de son âge avancé (85 ans dans un mois), d’aller à plsud e 2000 m d’altitude.

Sur place, les préparatifs à ce voyage vont bon train. A Cuba, 14 ans après la visite apostolique de Jean Paul II, la population attend beaucoup de la venue de Benoît XVI.

« Ici personne n’a oublié le voyage du Pape Wojtyla, a déclaré sur les ondes de Radio Vatican, le nonce apostolique à la Havane, Mgr Bruno Musaro, ni même le gouvernement qui, selon lui,  avait apprécié les paroles de son slogan : « Que Cuba s’ouvre au monde et que le monde s’ouvre à Cuba».

Selon le représentant du Saint-Siège, ce vœu est le « désir secret » de toute la population qui souhaite « une réconciliation entre tous les Cubains ».

« Cuba a connu, ces dernières années, une ouverture surtout économique et cela a suscité et continue de susciter beaucoup d’espoir chez les Cubains qui souhaitent plus d’ouvertures encore et parvenir ainsi à un niveau de vie meilleur, un niveau de vie qui leur redonne confiance et les amène à s’engager et à travailler pour le bien commun de la société », a-t-il expliqué.

« Le Pape vient nous affermir dans la foi, il vient renforcer les valeurs chrétiennes », a souligné quant à lui l’archevêque de la Havane, le cardinal Jaime Ortega, à la veille de ce voyage dans l’ile.

Dans un vidéo message, diffusé mardi 13 mars par la télévision officielle « Cubavisio’n », l’archevêque  s’est adressé aux Cubains avec passion, évoquant ses souvenirs de la visite à Cuba de Jean-Paul II en 1998, jusqu’à sa dernière rencontre avec Benoît XVI au Vatican, lors du Consistoire de février dernier, lorsque celui-ci, en le saluant avec beaucoup d’affection, lui a dit : « Nous nous reverrons à Cuba ».

Le Pape visitera l’île en « pèlerin de la charité » et dans la perspective « d’affermir dans leur foi des pays déjà christianisés mais qui ont besoin d’une nouvelle évangélisation » a-t-il ajouté. Une foi encore « un peu endormie » mais présente dans le cœur des personnes.

Vendredi, devant la presse internationale, dont une équipe de Zenit, le P. Lombardi a précisé que la délégation qui accompagnerait le Pape dans ce 23ème voyage apostolique hors d’Italie comprendra entre autres : le cardinal Marc Ouellet, président de la Commission pour l’Amérique latine ; le cardinal Robert Sarah, président du conseil pontifical « Cor Unum »; le cardinal cardinale Javier Lozano Barragan, président émérite du Conseil pontifical pour les opérateurs de santé, lui-même mexicain; le cardinal Antonio Canizares, préfet de la congrégation pour le culte divin; Mgr Dominique Mamberti, secrétaire pour les Rapports avec les Etats.

Près de 250 évêques prendront part aux évènements prévus au cours de la visite , dont les présidents des conférences épiscopales du continent latino-américain, des représentants des Etats Unis et du Canade

 
 

 


Une journée nationale de deuil a été décrétée par le pouvoir militaire, et la cérémonie était retransmise à la télévision d'Etat. Les Coptes représentent 6 à 10% de la population égyptienne, dans sa grande majorité de confession musulmane sunnite.

Une journée nationale de deuil a été décrétée par le pouvoir militaire, et la cérémonie était retransmise à la télévision d'Etat. Les Coptes représentent 6 à 10% de la population égyptienne, dans sa grande majorité de confession musulmane sunnite.

Entre fumées d'encens et lancinants cantiques de deuil, les obsèques du patriarche de l'Eglise copte orthodoxe d'Egypte, Chenouda III se sont tenues mardi au Caire, dans la grande cathédrale Saint Marc pleine à craquer de fidèles, de religieux et d'officiels.

Chenouda III, qui dirigeait la plus importante Eglise chrétienne du Moyen-Orient depuis quatre décennies, est décédé samedi à l'âge de 88 ans à la suite d'une attaque cardiaque qui s'est ajoutée à d'autres graves problèmes de santé.

"Chenouda repose en paix mais nous ne l'avons pas perdu", a déclaré le chef de l'Eglise copte d'Ethiopie, le patriarche Abune Paulos venu d'Addis Abeba pour ouvrir la cérémonie.

Le cercueil ouvert, laissant voir le visage du défunt surmonté d'une tiare en or, était entouré de nombreux religieux portant la traditionnelle coiffe noire du clergé copte.

Des milliers de personnes étaient également massées à l'extérieur de la cathédrale, brandissant des portraits du patriarche disparu, principale figure d'une communauté inquiète face à la montée de l'islamisme et des tensions interconfessionnelles.

A l'intérieur, de nombreuses personnalités coptes comme le magnat des télécoms Naguib Sawiris ou le ministre du Tourisme Mounir Fakhry Abdel Nour, côtoyaient le président du Parlement, l'islamiste Saad Katatni.

Le Conseil militaire au pouvoir depuis la chute de Hosni Moubarak l'an dernier était aussi représenté, de même que le corps diplomatique, avec notamment l'ambassadrice des Etats-Unis Anne Patterson.

Trois personnes sont mortes dimanche étouffées par une foule de dizaines de milliers de fidèles venus à la cathédrale rendre hommage au patriarche disparu, dont le corps était exposé assis sur un trône de bois sculpté.

Après la cérémonie, le cercueil a quitté la cathédrale pour être transporté au monastère de Saint Bichoï, une centaine de kilomètres au nord-ouest du Caire, où aura lieu l'inhumation. Le monastère, interdit au public, était entouré d'un important dispositif de sécurité.

Une journée nationale de deuil a été décrétée par le pouvoir militaire. La cérémonie a été retransmise en direct à la télévision d'Etat, et les drapeaux du pays ont été mis en berne.

Les Coptes représentent 6 à 10% de la population égyptienne, dans sa grande majorité de confession musulmane sunnite. Peu représentée dans les institutions et la haute administration, cette communauté a un fort sentiment de marginalisation.

Très conservateur sur les questions de dogme, le patriarche fut un ferme partisan du président Hosni Moubarak, poussé à la démission en février 2011 par une révolte populaire.

Critiqué par une partie des Coptes pour sa rigidité sur des questions comme l'interdiction du divorce et ses positions conciliantes envers le pouvoir militaire actuel, il était aussi considéré par de nombreux fidèles comme un protecteur dans un pays en plein bouleversement.

La communauté copte a été notamment visée par un attentat dans la nuit du 1er janvier 2011 contre une église d'Alexandrie, qui a fait une vingtaine de morts.

En octobre dernier, la répression par les forces de l'ordre d'une manifestation au Caire de Coptes protestant contre la destruction d'une église a également fait une vingtaine de morts.

La charge de l'église copte d'Egypte a été confiée provisoirement pour deux mois à l'évêque Pachomius de Beheira (delta du Nil).

Le complexe processus de désignation d'un nouveau patriarche pourrait prendre plusieurs mois, selon la presse et des spécialistes, pour qui cinq ou six évêques pourraient être candidats.

Un conseil de 1.500 personnes -ecclésiastiques mais aussi laïcs éminents de confession copte- sera impliqué dans la sélection.

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e Point.fr - Publié le 18/03/2012 à 10:30 - Modifié le 18/03/2012 à 15:11

Le pape de l'Église copte orthodoxe d'Égypte, gravement malade, est décédé samedi. Portrait d'un guide charismatique.

Chenouda III, chef de l'Église copte orthodoxe d'Égypte.

Chenouda III, chef de l'Église copte orthodoxe d'Égypte. © Khaled Desouki / AFP

 
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"Le pape Chenouda III était le symbole de la paix et de l'amour, c'était aussi l'un des principaux piliers de l'unité nationale." C'est en ces termes que cheikh Ahmed Al-Tayeb, le grand imam d'Azhar, la plus haute autorité de l'islam sunnite, rend un dernier hommage au pape Chenouda, auquel il était très lié.

Âgé de 89 ans, le chef de l'Église copte orthodoxe, évaluée entre 6 et 8 millions de fidèles (10 millions, selon la communauté), était gravement malade depuis plusieurs mois. Il devait subir trois séances de dialyse par semaine. Et un cancer aux poumons, déclaré sans recours lors de son dernier séjour aux États-Unis, en faisait un vivant en sursis. Cela ne l'a pas empêché de poursuivre sa mission jusqu'au dernier jour de sa vie. Le 8 mars, il a reçu la visite à huis clos de Mohamed Badie, guide suprême des Frères musulmans. Les deux responsables ont sans aucun doute analysé la situation politique et abordé le problème de la composition de la future Assemblée constituante.

Archéologie, littérature, journalisme

Le pape Chenouda III, qui a guidé l'Église copte orthodoxe d'Égypte pendant 41 ans, laissera le souvenir d'un chef spirituel et politique. Les événements l'ont parfois obligé à réagir avec vigueur pour défendre sa communauté. 

Sa mission a commencé le 31 octobre 1971. L'évêque Nazir Gayed prend ce jour-là la tête de son Église sous le nom de Chenouda III. Âgé de 48 ans, le nouveau pape est un homme doté d'une forte personnalité, et c'est aussi un homme de grande culture. Avant de devenir prêtre, il a obtenu un diplôme de lettres à l'université du Caire, puis il a suivi des cours d'archéologie et de littérature anglaise. En 1948, le futur pape participe à la première guerre israélo-arabe, puis se lance dans le journalisme. Ce polémiste redoutable change soudain d'orientation, et décide de consacrer sa vie à Dieu.

Ordonné prêtre en 1954, Nazir Gayed vit pendant plusieurs années à Deir El-Siriani, l'un des monastères de Wadi-Natroun dans le désert occidental. Par la suite, il devient le secrétaire particulier du pape Cyrille Vl. Sacré évêque en 1962, il donne des cours au Grand Séminaire, et représente sa communauté lors de plusieurs congrès religieux, en Orient comme en Europe. À dater de l'automne 1971, l'amba (évêque) Chenouda III prend le titre de "pape d'Alexandrie et patriarche de la prédication de saint Marc et de toute l'Afrique".

Réclusion

Dynamique et ambitieux, Chenouda III veut que sa communauté se développe. Son tempérament l'incite aussi à relancer le dialogue oecuménique avec les Églises chalcédoniennes, au point mort depuis 1 500 ans. Il se rend au Vatican en 1973, et signe avec le pape Paul VI une "déclaration de foi commune". Une commission de théologiens est alors formée pour étudier les points de désaccord, notamment le Filioque, le purgatoire, l'Immaculée Conception, la primauté de Rome... Mais, en 2012, on ne peut toujours pas parler d'une entente totale sur ces divers thèmes.

Le moment tragique du pontificat de Chenouda III sera sa mise à l'écart et sa réclusion à Wadi-Natroun sur l'ordre du président Sadate. Le pape entretenait au départ d'excellentes relations avec le pouvoir égyptien, mais de graves incidents confessionnels vont intervenir. La politique occidentale de Sadate, puis son traité de paix avec Israël vont provoquer la fureur des extrémistes musulmans. On les voit soudain chercher à détruire des églises dans le Delta ou en Haute-Égypte, région à forte densité chrétienne. "Leurs attaques contre les coptes étaient un substitut à leurs attaques contre l'État", diront plus tard les politologues.

Cette lecture n'est pas encore évidente en 1980, et les citoyens coptes sont souvent molestés. Chenouda III dénonce dans ses sermons le laxisme de l'État. Le 29 mars 1980, le Conseil des Églises coptes décide même d'annuler les festivités de Pâques en signe de protestation. Sadate adresse alors à Chenouda III un avertissement sévère : "Un pape ne doit pas jouer au politicien, son rôle consiste à adorer Dieu."

Fidèle à Moubarak

Les attentats contre les coptes se poursuivent cependant, et le pape continue à s'insurger. Du reste, l'Égypte entière vit dans une sorte d'ébullition. Dans la nuit du 3 au 4 septembre 1981, Sadate fait arrêter 1 482 personnalités opposées à sa politique. Le 5, il prononce la destitution de Chenouda III, et le relègue dans l'un des couvents de Wadi-Natroun. Un chef d'État ne peut pas destituer un pape. L'Église copte orthodoxe trouve un compromis : Chenouda III demeurera son chef spirituel, tandis qu'un comité d'évêques sera chargé d'administrer les intérêts de la communauté.

Au mois de janvier 1985, le président Moubarak permettra enfin au pape de reprendre ses fonctions. Une page est tournée. Il regagnera Al-Morcossia, siège de l'Église copte orthodoxe au centre du Caire, mais changera de style. Chenouda III va désormais diriger sa communauté, et la défendre au besoin avec véhémence, mais sans attaquer l'État. Il sera fidèle à Moubarak pendant trente ans. Une adhésion que lui reprochent de nombreux fidèles. 

Les coptes interdits de manifestation

Il n'autorise pas les coptes à participer aux manifestations de la place Tahrir en janvier 2011. Pour la première fois, les jeunes gens de sa communauté vont lui désobéir. Les mois suivants, il dénonce les attentats des salafistes contre les coptes, mais ne souligne pas cette insécurité due au gouvernement. Cela aussi lui sera reproché. Le 7 décembre 2011, c'est un prélat soutenu par plusieurs évêques qui célèbre la messe de Noël. Pour la première fois, plusieurs dirigeants des Frères musulmans assistent à cette messe. La rangée suivante est occupée par les généraux. Ce qui démontre la sagesse dont il a fait preuve durant ce dernier quart de siècle.

Le choix d'un successeur s'annonce difficile, aucun nom ne s'est imposé jusqu'ici. Le problème est d'autant plus grave que la situation de la communauté copte est difficile devant la montée du salafisme. À l'heure de l'épilogue, il est évident que Chenouda III a marqué de son empreinte l'Église copte orthodoxe d'Égypte.

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La nomination personnelle par le Pape de Mgr Rey pour le prochain Synode des Évêques

Le Pape a nommé 5 évêques français pour la 13e Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques, du 7 au 28 octobre 2012, qui traitera du thème de « la nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne ».La CEF, en novembre dernier, avait élu successivement comme membres à présenter au Pape :

-         1/ Mgr Dagens, évêque d’Angoulême, l’auteur du très libéral « Rapport Dagens » ;

-         2/ Mgr Patrenôtre, archevêque de Sens-Auxerre, prélat de la Mission de France ;

-         3/ Mgr Wintzer, alors évêque auxiliaire de Poitiers ;

-         4/ Et Mgr Le Saux, évêque du Mans.

Lors de chaque vote, Mgr Rey, notoirement apte parmi les évêques français pour parler de nouvelle évangélisation, est arrivé en second. Selon l’usage, on aurait dû l’élire en second, troisième ou quatrième positions.

Le Pape a réparé cette inadvertance en le nommant suppléant des 4 autres.

 

Un récit de vie en Carême…

Submitted by  on 17 mars 2012 – 19 h 17 minOne Comment |

Le carême est ce temps extrêmement spécifique d’une vie où la vie quotidienne et la vie spirituelle se réunissent plus intimement en renouvelant la banalité de tous les jours. Quarante jours où j’ai vécu ce rapprochement, et vu le monde de manière renouvelée. Mon récit de Carême.

Le jeûne, une expérience en chair.  J’ai respecté les jeûnes du mercredi des cendres, des vendredis de Carême et respecterai celui du vendredi saint. C’est ma chair qui ressent les restrictions imposées au corps biologique et à mon quotidien : la faim, l’envie exacerbée, le changement d’habitude, la concentration sur la lecture spirituelle, les textes du jour, l’aménagement de temps de prière plus fréquents et plus longs. Et s’il s’avère dur de tenir ces engagements pris envers moi-même, joue alors l’imitatio christi : le Christ n’a pas triché lorsqu’il s’agissait de vivre quarante jours au désert. Et parce que tout mon être est ainsi mis en demeure par le carême, je me rappelle que c’est moi tout entier (corps et âme) qui est mis en demeure de devenir divin. Une mise-en-demeure, voilà comment je ressens le Carême : un moment d’urgence, où il est plus que nécessaire de devenir saint (demeure du Saint-Esprit), au milieu et malgré les difficultés de la vie – qui ne disparaissent pas.

Une conversion du quotidien. Serait-ce à dire que grâce à ces divers jeûnes de carême que je suis plus attentif à percevoir les signes divins qui se manifestent dans ma vie ? Oui, sûrement. Parce que le corps est mobilisé, l’âme se mobilise aussi, et se concentre sur l’essentiel, parmi, en-deçà et au-delà du flux permanent de «choses» et d’informations qui traversent le monde, me rendant plus attentif à la source divine qui nous porte vers la Passion et le matin Pâques. Par cette attention renouvelée, et ces efforts redoublés, il se passe toujours des choses extraordinaires pendant le temps de carême. Les choses habituelles se renouvellent en un motif d’étonnement. En fait, il y a une transformation de l’ordinaire en extraordinaire, du banal en imprévu, du quotidien en exceptionnel. La «frontière» entre le divin et le spirituel s’affine, les «différences» s’estompent et une harmonie profonde se fait jour, peu à peu, entre le monde, Dieu et… moi.

Le mal en perspective de la Croix. Malgré tout les difficultés de la vie demeurent : mais elles aussi prennent sens, et deviennent presque, elles aussi, harmonieuses, parce qu’elles sont mises en perspective avec la Passion du Christ sur la Croix. Tout devient un motif d’imitation du Christ, et tout événement ennuyeux, lourd, triste est mis en relation avec sa souffrance sur la Croix. Le mal que je subis m’apparaît en contraposition assez minable… Et surtout il prend sens : il se dirige vers la souffrance ultime, qui à la fois relativise la mienne, et dirige la mienne vers une explication ultime (mais encore incompréhensible). La proximité temporelle, dans le cycle liturgique, avec la Passion aide à cela. En christianisme, le temps compte. Donc les quarante jours de Carême aussi, puisqu’ils nous rapprochent du dénouement…

 

Le quotidien divinisé par les divers efforts de concentration (prière, jeûne, lecture) ; les difficultés de la vie vécues en perspective de la Croix du Christ, voilà mon CArême. Pendant cette période, je vis comme un autre homme, rien ne change en apparence, mais tout change dans mon être : il est plus que jamais tendu vers Dieu, qui l’accueillera comme il est. Certitude de foi.

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Parce que tu as vu, tu as cru...
Parce que tu as vu, tu as cru... Posted: 15 Apr 2012 04:22 PM PDT C'est un post de 2009 sur le miracle qui vient de retenir l'attention d'un lecteur de passage ; il nous envoie ce texte, sur lequel je voudrais m'attarder, car le temps liturgique y est propice : "Essayer de convertir quelqu'un par des miracles est une profanation de l'âme" (R.W. Emerson, Allocution aux étudiants de...
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