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30-07-2010 - Saint Augustin |
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Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église La Cité de Dieu, §14, 28
« En voyant la ville, Jésus pleura sur elle »
Deux amours ont bâti deux villes : l'amour de soi jusqu'au mépris de Dieu a fait la cité terrestre ; l'amour de Dieu jusqu'au mépris de soi, la cité céleste. L'une se glorifie en elle-même ; l'autre dans le Seigneur. L'une cherche la gloire qui vient des hommes (Jn 5,44) ; l'autre met toute sa gloire en Dieu, témoin de sa conscience. L'une, gonflée de vaine gloire, élève la tête ; l'autre dit à son Dieu : « C'est toi ma gloire ; tu me redresses la tête » (Ps 3,4). Dans l'une, les princes sont dominés par la passion de dominer sur leurs sujets ou sur les nations conquises ; dans l'autre tous se font serviteurs du prochain dans la charité, les chefs veillant au bien de leurs subordonnés, et ceux-ci leur obéissant. La première, dans la personne des puissants, s'admire dans sa force ; l'autre dit à son Dieu : « Je t'aimerai, Seigneur, toi ma force » (Ps 17,2).
Aussi, dans la première ville, les sages mènent une vie tout humaine, ne recherchant que les biens du corps ou de l'esprit ou les deux à la fois ; « s'ils ont pu connaître Dieu, ils ne l'ont pas honoré comme Dieu et ne lui ont pas rendu grâces, mais ils se sont perdus dans leurs pensées et dans leurs cœurs enténébrés ; ... ils ont servi la créature de préférence au Créateur » (Rm 1,21-25). Dans la cité de Dieu au contraire, toute la sagesse de l'homme se trouve dans la piété, qui seule rend au vrai Dieu un culte légitime et qui, dans la société des saints, des anges aussi bien que des hommes, attend pour récompense « que Dieu soit tout en tous » (1Co 15,28).
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30-07-2010 - Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge |
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Consécration après exercices préparatoires 227. Première pratique. - Ceux et celles qui voudront entrer en cette dévotion particulière, qui n'est point érigée en confrérie, quoiqu'il le fût à souhaité, après avoir, comme j'ai dit dans la première partie de cette préparation au Règne de Jésus-Christ, employé douze jours au moins à se vider de l'esprit du monde contraire à celui de Jésus-Christ, emploieront trois semaines à se remplir de Jésus-Christ par la Très Sainte Vierge. Voici l'ordre qu'ils pourront garder : 228. Pendant la première semaine, ils emploieront toutes leurs oraisons et actions de piété à demander la connaissance d'eux- mêmes et la contrition de leurs péchés : et ils feront tout en esprit d'humilité. Pour cela, ils pourront, s'ils veulent, méditer ce que j'ai dit de notre mauvais fond et ne se regarder, les six jours de cette semaine, que comme des escargots, limaçons, crapauds, cochons et serpents et boucs ; ou bien ces trois paroles de saint Bernard : Cogita quid fueris, semen putridum ; quid sis, vas stercorum ; quid futurus sis, esca vermium. Ils prieront Notre-Seigneur et son Saint- Esprit de les éclairer, par ces paroles : Domine, ut videam ; ou Noverim me ; ou Veni, Sancte Spiritus, et diront tous les jours les litanies du Saint-Esprit et l'oraison qui suit, marqués dans la première partie de cet ouvrage. Ils auront recours à la Très Sainte Vierge, et lui demanderont cette grande grâce qui doit être le fondement des autres, et pour cela ils diront tous les jours, l'Ave maris stella, et ses litanies.
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29-07-2010 - Saint Cyrille d'Alexandrie |
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Saint Cyrille d'Alexandrie (380-444), évêque, docteur de l'Église Sur Isaïe, III, 1 (trad. Sr Isabelle de la Source, Lire la Bible, t. 6, p. 76)
« Quand ces évènements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche » (Lc 21,28)
« Tu as fait de la ville un tas de pierres, la cité fortifiée est une ruine, la citadelle des étrangers n'est plus une ville, jamais elle ne sera reconstruite. C'est pourquoi un peuple fort te glorifie. » (Is 25,2-3) Il appartient au « dessein fidèle » (v.1) du Dieu tout-puissant et à ses conseils irréprochables, que les « villes fortifiées » soient renversées et « réduites en tas de pierres », qu'elles soient comme ébranlées « depuis leurs fondements » et sans espoir de pouvoir se relever un jour : « Elle ne sera plus jamais rebâtie » dit le texte. Ces villes renversées, selon nous, ne sont pas celles que l'on peut percevoir par les sens, ce ne sont pas les hommes qui y vivent. Mais, à notre avis, il s'agit plutôt de chacune des puissances mauvaises et hostiles, et avant tout de Satan, qui est appelé ici une ville, et une « ville forte »...
Lorsque l'Emmanuel est apparu et a brillé sur le monde, la troupe impie des puissances adverses a été ruinée, Satan a été renversé « depuis ses fondements » ; il est tombé, il est affaibli à jamais et ne peut plus espérer se redresser un jour, ni relever la tête.
C'est pour cela que « le peuple pauvre et la ville des hommes opprimés te bénira » (LXX). Israël a été appelé à la connaissance de Dieu par la pédagogie de la Loi, il a été comblé de tout bien par Dieu. Oui, il a été sauvé et il a obtenu en héritage la terre de la promesse. Mais la multitude des autres nations qui sont sous le ciel était privée de ces biens spirituels... Lorsque le Christ en personne est apparu et que, chassant la tyrannie du diable, il les a conduites à son Dieu et Père, alors elles ont été enrichies par la lumière de la vérité, par la participation à la gloire divine, par la grandeur de la vie de l'Evangile. C'est pourquoi elles ont fait jaillir des hymnes d'action de grâce au Dieu et Père : « Oui, Seigneur, tu as accompli ton dessein ancien et vrai » (v.1) en récapitulant tout dans le Christ. Tu as « illuminé ceux qui étaient assis dans les ténèbres » (Lc 1,79) en renversant les puissances qui dominent le monde (Ep 6,12), comme on renverse des villes fortifiées. « C'est pourquoi le peuple pauvre te bénira, toutes les villes te glorifieront. »
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29-07-2010 - Saint Augustin |
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Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église Sermon 104 ; PL 38, 616 (trad. Luc commenté, DDB 1987, p. 92 rev.)
Deux femmes, deux images de notre vie
Vous comprenez, je crois, que ces deux femmes, toutes deux chères au Seigneur, toutes deux dignes de son amour, et toutes deux ses disciples..., ces deux femmes donc, sont l'image de deux formes de vie : la vie de ce monde et la vie du monde à venir, la vie de travail et la vie de repos, la vie dans les soucis et la vie dans la béatitude, la vie dans le temps et la vie éternelle.
Deux vies : méditons sur elles plus longuement. Considérez de quoi est faite cette vie-ci : je ne dis pas une vie répréhensible..., une vie de débauches, d'impiétés ; non, je parle d'une vie de travail, chargée d'épreuves, d'angoisses, de tentations, de cette vie qui n'a rien de coupable, de cette vie qui était bien celle de Marthe... Le mal était absent de cette maison, avec Marthe comme avec Marie ; s'il y avait été, l'arrivée du Seigneur l'aurait dissipé. Deux femmes, donc, y ont vécu, les deux ont reçu le Seigneur, deux vies estimables, toutes deux droites, l'une faite de travail, l'autre de repos... L'une de travail, mais exempte de compromissions, écueil d'une vie donnée à l'action ; l'autre exempte d'oisiveté, écueil d'une vie de loisir. Il y avait là deux vies, et la source même de la vie...
La vie de Marthe, c'est notre monde ; la vie de Marie, le monde que nous attendons. Vivons celle-ci avec rectitude, pour obtenir l'autre en plénitude. Que possédons-nous déjà de cette vie-là ? ... En ce moment, justement, nous menons un peu cette vie-là : loin des affaires, à l'écart des soucis familiaux, vous vous êtes rassemblés, vous êtes là à écouter. Vous comportant ainsi, vous ressemblez à Marie. Et cela vous est plus facile qu'à moi, qui dois prendre la parole. Ce que je dis, cependant, c'est du Christ que je le tiens, et cette nourriture est celle du Christ. Car il est le pain commun à tous, et c'est pour cela que je vis en communion avec vous.
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29-07-2010 - Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge |
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5. PRATIQUES PARTICULIERES DE CETTE DEVOTION. Pratiques Extérieures 226. Quoique l'essentiel de cette dévotion consiste dans l'intérieur, elle ne laisse pas d'avoir plusieurs pratiques extérieures qu'il ne faut pas négliger : Hæc oportuit facere et illa non omittere, soit parce que les pratiques extérieures bien faites aident les intérieures, soit parce qu'elles font ressouvenir l'homme, qui se conduit toujours par les sens, de ce qu'il a fait ou doit faire ; soit parce qu'elles sont propres à édifier le prochain qui les voit, ce que ne font pas celles qui sont purement intérieures. Qu'aucun mondain donc, ni critique, ne mette ici le nez pour dire que la vraie dévotion est dans le cœur, qu'il faut éviter ce qui est extérieur, qu'il peut y avoir de la vanité, qu'il faut cacher sa dévotion, etc. Je leur réponds avec mon Maître : Que les hommes voient vos bonnes œuvres, afin qu'ils glorifient votre Père qui est dans les cieux ; non pas, dit saint Grégoire, qu'on doive faire ses actions et dévotions extérieures pour plaire aux hommes et en tirer quelque louange, ce serait vanité ; mais on les fait quelquefois devant les hommes, dans la vue de plaire à Dieu et de le faire glorifier par là, sans se soucier des mépris ou des louanges des hommes. Je ne rapporterai qu'en abrégé quelques pratiques extérieures, que je n'appelle pas extérieures parce qu'on les fait sans intérieur, mais parce qu'elles ont quelque chose d'extérieur, pour les distinguer de celles qui sont purement intérieures.
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28-07-2010 - Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge |
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224. 3 Parce que la Sainte Vierge, voulant bien, par une grande charité, recevoir en ses mains virginales le présent de nos actions, elle leur donne une beauté et un éclat admirable ; elle les offre elle-même à Jésus-Christ, et sans difficulté, que Notre-Seigneur en est plus glorifié que si nous les offrions par nos mains criminelles. 146-149 225. 4 Enfin, parce que vous ne pensez jamais à Marie, que Marie, en votre place, ne pense à Dieu ; vous ne louez ni n'honorez jamais Marie, que Marie avec vous ne loue et n'honore Dieu. Marie est toute relative à Dieu, et je l'appellerais fort bien la relation de Dieu, qui n'est que par rapport à Dieu, ou l'écho de Dieu, qui ne dit et ne répète que Dieu. Si vous dites Marie, elle dit Dieu. Sainte Elisabeth loua Marie et l'appela bienheureuse de ce qu'elle avait cru ; Marie, l'écho fidèle de Dieu, entonna : Magnificat anima mea Dominum : Mon âme glorifie le Seigneur. Ce que Marie a fait en cette occasion, elle le fait tous les jours ; quand on la loue, on l'aime, on l'honore ou on lui donne, Dieu est loué, Dieu est aimé, Dieu est honoré, on donne à Dieu par Marie et en Marie.
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27-07-2010 - Pape Benoît XVI |
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Pape Benoît XVI Encyclique « Spe Salvi », 45-46 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)
« Sur le rivage »
Avec la mort, le choix de vie fait par l'homme devient définitif –- sa vie est devant le Juge. Son choix, qui au cours de toute sa vie a pris forme, peut avoir diverses caractéristiques. Il peut y avoir des personnes qui ont détruit totalement en elles le désir de la vérité et la disponibilité à l'amour, des personnes en qui tout est devenu mensonge, des personnes qui ont vécu pour la haine et qui en elles-mêmes ont piétiné l'amour. C'est une perspective terrible, mais certains personnages de notre histoire laissent entrevoir de façon effroyable des profils de ce genre. Dans de semblables individus, il n'y aurait plus rien de remédiable et la destruction du bien serait irrévocable : c'est cela qu'on indique par le mot « enfer ».
D'autre part, il peut y avoir des personnes très pures, qui se sont laissées entièrement pénétrer par Dieu et qui, par conséquent, sont totalement ouvertes au prochain –- des personnes dont la communion avec Dieu oriente dès maintenant leur être tout entier et dont le fait d'aller vers Dieu conduit seulement à l'accomplissement de ce qu'elles sont désormais.
Selon nos expériences, cependant, ni un cas ni l'autre ne sont la normalité dans l'existence humaine. Chez la plupart des hommes –- comme nous pouvons le penser –- une ultime ouverture intérieure pour la vérité, pour l'amour, pour Dieu, demeure présente au plus profond de leur être. Mais dans les choix concrets de vie, elle est recouverte depuis toujours de nouveaux compromis avec le mal... Qu'advient-il de tels individus lorsqu'ils comparaissent devant le Juge ? Toutes les choses sales qu'ils ont accumulées dans leur vie deviendront-elles d'un coup insignifiantes ?... Dans la première lettre aux Corinthiens, saint Paul nous donne une idée de l'impact différent du jugement de Dieu sur l'homme selon son état...: « On peut poursuivre la construction avec de l'or, de l'argent ou de la belle pierre, avec du bois, de l'herbe ou du chaume, mais l'ouvrage de chacun sera mis en pleine lumière au jour du jugement. Car cette révélation se fera par le feu, et c'est le feu qui permettra d'apprécier la qualité de l'ouvrage de chacun. Si l'ouvrage construit par quelqu'un résiste, celui-là recevra un salaire ; s'il est détruit par le feu, il perdra son salaire. Et lui-même sera sauvé, mais comme s'il était passé à travers un feu » (3,12-15).
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27-07-2010 - Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge |
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La plus grande gloire de Jésus-Christ 222. 7 Par cette pratique, bien fidèlement observée, vous donnerez à Jésus-Christ plus de gloire en un mois de temps que par aucune autre, quoique plus difficile, en plusieurs années. - Voici les raisons de ce que j'avance : 1 Parce que, faisant vos actions par la Sainte Vierge, comme cette pratique enseigne, vous quittez vos propres intentions et opérations, quoique bonnes et connues, pour vous perdre, pour ainsi dire, dans celles de la Très Sainte Vierge, quoiqu'elles vous soient inconnues ; et, par là, vous entrez en participation de la sublimité de ses intentions, qui ont été si pures, qu'elle a plus donné de gloire à Dieu par la moindre de ses actions, par exemple en filant sa quenouille, en faisant un point d'aiguille, qu'un saint Laurent sur son gril, par son cruel martyre, et même que tous les saints par leurs actions les plus héroïques : ce qui fait que, pendant son séjour ici-bas, elle a acquis un comble si ineffable de grâces et de mérites, qu'on compterait plutôt les étoiles du firmament, les gouttes d'eau de la mer et les sables du rivage, que ses mérites et ses grâces, et qu'elle a donné plus de gloire à Dieu que tous les anges et les saints ne lui ont donné ni ne lui en donneront. O prodige de Marie ! vous n'êtes capable que de faire des prodiges de grâces dans les âmes qui veulent bien se perdre en vous. 223. 2 Parce qu'une âme, par cette pratique, ne comptant pour rien tout ce qu'elle pense ou fait d'elle-même, et ne mettant son appui et sa complaisance que dans les dispositions de Marie, pour approcher de Jésus-Christ, et même pour lui parler, elle pratique beaucoup plus l'humilité que les âmes qui agissent par elles-mêmes, et qui ont un appui et une complaisance imperceptible dans leurs dispositions ; et, par conséquent, elle glorifie plus hautement Dieu, qui n'est parfaitement glorifié que par les humbles et les petits de cœur.
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27-07-2010 - Saint Augustin |
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Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église Sermon sur le psaume 130, § 3
« Le peuple tout entier était suspendu à ses lèvres »
On prie dans le temple de Dieu quand on prie dans la paix de l'Église, dans l'unité du Corps du Christ, parce que le Corps du Christ est constitué de la multitude des croyants répartis sur toute la terre... Pour être exaucé c'est dans ce temple qu'il faut prier, « en esprit et en vérité » (Jn 4,23), et non dans le Temple matériel de Jérusalem. Celui-ci était « l'ombre de ce qui devait venir » (Col 2,17), c'est pourquoi il est tombé en ruines... Ce temple qui est tombé ne saurait être la maison de prière dont il a été dit : « Ma maison sera appelée maison de prière pour toutes les nations » (Mc 11,17 ; Is 56,7).
Est-ce que vraiment ceux qui ont voulu en faire « une caverne de bandits » ont été la cause de sa chute ? De même, ceux qui mènent dans l'Église une vie de désordre, ceux qui cherchent à faire de la maison de Dieu une caverne de bandits, autant qu'il est en leur pouvoir, ceux-là non plus ne renversent pas ce temple. Un temps viendra où ils seront chassés dehors sous le fouet de leurs péchés. Cette assemblée de fidèles, temple de Dieu et Corps du Christ, n'a qu'une voix et chante comme un seul homme... Si nous le voulons, cette voix est la nôtre ; si nous le voulons, en l'entendant chanter, nous chantons aussi dans notre cœur.
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26-07-2010 - Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge |
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219. Remarquez, s'il vous plait, que je dis que les saints sont moulés en Marie. Il y a une grande différence entre faire une figure en relief, à coups de marteau et de ciseau, et faire une figure en la jetant en moule : les sculpteurs et statuaires travaillent beaucoup à faire les figures dans la première manière, et il leur faut beaucoup de temps ; mais à les faire dans la seconde manière, ils travaillent peu et les font en fort peu de temps. Saint Augustin appelle la Sainte Vierge forma Dei : le moule de Dieu : Si formam Dei te appellem, digna existis : le moule propre à former et mouler des dieux. Celui qui est jeté dans ce moule divin est bientôt formé en Jésus-Christ, et Jésus-Christ en lui : à peu de frais et en peu de temps, il deviendra dieu, puisqu'il est jeté dans le même moule qui a formé un Dieu. 220. Il me semble que je puis fort bien comparer des directeurs et personnes dévotes qui veulent former Jésus- Christ en soi ou dans les autres par d'autres pratiques que celle-ci, à des sculpteurs qui, mettant leur confiance dans leur savoir-faire, leurs industries et leur art, donnent une infinité de coups de marteau et de ciseau à une pierre dure, ou une pièce de bois mal polie, pour en faire l'image de Jésus-Christ ; et quelquefois ils ne réussissent pas à exprimer Jésus-Christ au naturel, soit faute de connaissance et d'expérience de la personne de Jésus-Christ, soit à cause de quelque coup mal donné, qui a gâté l'ouvrage. Mais, pour ceux qui embrassent ce secret de la grâce que je leur présente, je les compare avec raison à des fondeurs et mouleurs qui, ayant trouvé le beau moule de Marie, où Jésus-Christ a été naturellement et divinement formé, sans se fier à leur propre industrie, mais uniquement à la bonté du moule, se jettent et se perdent en Marie pour devenir le portrait au naturel de Jésus-Christ. 221. O la belle et véritable comparaison ! Mais qui la comprendra ? Je désire que ce soit vous, mon cher frère. Mais souvenez-vous qu'on ne jette en moule que ce qui est fondu et liquide : c'est-à-dire qu'il faut détruire et fondre en vous le vieil Adam, pour devenir le nouveau en Marie.
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25-07-2010 - Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge |
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Transformation des âmes en Marie à l'image de Jésus-Christ 218. 6 Si Marie, qui est l'arbre de vie, est bien cultivée en votre âme par la fidélité aux pratiques de cette dévotion, elle portera son fruit en son temps ; et ce fruit n'est autre que Jésus-Christ. Je vois tant de dévots et dévotes qui cherchent Jésus-Christ, les uns par une voie et une pratique, les autres par l'autre ; et souvent après qu'ils ont beaucoup travaillé pendant la nuit, ils peuvent dire : Per totam noctem laborantes, nihil cepimus : Quoique nous ayons travaillé pendant toute la nuit, nous n'avons rien pris. Et on peut leur dire : Laborastis multum, et intulistis parum : Vous avez beaucoup travaillé, et vous avez peu gagné. Jésus-Christ est encore bien faible chez vous. Mais par la voie immaculée de Marie et cette pratique divine que j'enseigne, on travaille pendant le jour, on travaille dans un lieu saint, on travaille peu. Il n'y a point de nuit en Marie, puisqu'il n'y a point eu de péché ni même la moindre ombre. Marie est un lieu saint, et le Saint des saints, où les saints sont formés et moulés.
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25-07-2010 - Saint Ignace d'Antioche |
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Saint Ignace d'Antioche (?-vers 110), évêque et martyr Lettre aux Ephésiens, 3-4, 9
« L'Ecriture dit : 'Ma maison sera une maison de prière' »
Je vous exhorte à marcher selon la pensée de Dieu. Car Jésus Christ, l'indéfectible principe de notre vie, est la pensée du Père. De même les évêques, établis jusqu'aux extrémités de la terre, sont dans la pensée de Jésus Christ. Aussi convient-il de marcher selon la pensée de votre évêque. C'est d'ailleurs ce que vous faites. L'ensemble de vos prêtres, vraiment dignes de Dieu, est attaché à l'évêque comme les cordes le sont à la cithare. Ainsi dans l'accord de vos sentiments et dans l'harmonie de votre charité, vous chantez Jésus Christ. Que chacun de vous devienne un membre de ce chœur pour que, dans l'harmonie de votre accord et sur le ton de Dieu, vous chantiez dans l'unité d'une seule voix les louanges du Père, par Jésus Christ...
Vous êtes les pierres du Temple du Père, taillées pour l'édifice que construit Dieu le Père, élevées jusqu'au sommet par l'instrument de Jésus Christ, qui est sa croix, vous servant comme câble de l'Esprit Saint. Votre foi vous tire en haut, et la charité est le chemin qui vous élève jusqu'à Dieu. Vous êtes aussi tous des compagnons de route, porteurs de Dieu et de son Temple, porteurs du Christ, portant les objets sacrés, ornés en tout des préceptes de Jésus Christ. Avec vous, je suis dans l'allégresse... ; je me réjouis avec vous de ce que, vivant d'une vie nouvelle, vous n'aimez rien que Dieu seul.
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24-07-2010 - traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge |
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Communication de l'âme et de l'esprit de Marie 217. 5 L'âme de la Sainte Vierge se communiquera à vous pour glorifier le Seigneur ; son esprit entrera en la place du vôtre pour se réjouir en Dieu, son salutaire, pourvu que vous vous rendiez fidèle aux pratiques de cette dévotion. Sit in singulis anima Mariæ ut magnificet Dominum ; sit in singulis spiritus Mariæ ut exultet in Deo (S. Amb) : Que l'âme de Marie soit en chacun pour y glorifier le Seigneur ; que l'esprit de Marie soit en chacun, pour s'y réjouir en Dieu. Ah ! quand viendra cet heureux temps, dit un saint homme de nos jours qui était tout perdu en Marie, ah ! quand viendra cet heureux temps où la divine Marie sera établie maîtresse et souveraine dans les cœurs, pour les soumettre pleinement à l'empire de son grand et unique Jésus. Quand est-ce que les âmes respireront autant Marie que les corps respirent l'air ? Pour lors, des choses merveilleuses arriveront dans ces bas lieux, où le Saint-Esprit, trouvant sa chère Epouse comme reproduite dans les âmes, y surviendra abondamment et les remplira de ses dons, et particulièrement du don de sa sagesse, pour opérer des merveilles de grâces. Mon cher frère, quand viendra ce temps heureux et ce siècle de Marie, où plusieurs âmes choisies et obtenues du Très-Haut par Marie, se perdant elles- mêmes dans l'abîme de son intérieur, deviendront des copies vivantes de Marie, pour aimer et glorifier Jésus-Christ ? Ce temps ne viendra que quand on connaîtra et on pratiquera la dévotion que j'enseigne : Ut adveniat regnum tuum, adveniat regnum Mariæ.
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24-07-2010 - Saint Bède le Vénérable |
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Saint Bède le Vénérable (v. 673-735), moine, docteur de l'Église
« Heureux plutôt ceux qui ... »
Tandis que les scribes et les pharisiens tentent le Seigneur, et blasphèment contre ses œuvres, une simple femme proclame avec une foi vraiment admirable le mystère de son incarnation : " Lorsqu'il parlait ainsi, une femme, élevant la voix du milieu du peuple, lui dit : " Heureuses les entrailles qui vous ont porté, " etc. C'est ainsi qu'elle confond tout ensemble, les calomnies des princes des Juifs et la perfidie des hérétiques futurs. En effet, de même que les Juifs, par leurs blasphèmes contre les œuvres de l'Esprit saint, niaient que le Sauveur fût le vrai Fils de Dieu, ainsi les hérétiques, en niant par la suite que par la coopération de l'Esprit saint, Marie, toujours vierge, ait contribué à former la chair du Fils de Dieu, n'ont pas voulu reconnaître que le Fils de l'homme fût le Fils véritable du Père, de même nature que lui. Mais si la chair du Verbe de Dieu fait homme, est étrangère à la chair de la Vierge mère, pourquoi proclamer bienheureuses les entrailles qui l'ont porté, et les mamelles qui l'ont allaité. Quelle raison de croire qu'il ait été nourri de son lait, si l'on ne veut admettre qu'il ait été conçu de son sang, puisque selon les médecins, le lait et le sang ont une seule et même source. Or, ce bonheur n'est pas le partage exclusif de celle qui a mérité d'enfanter corporellement le Verbe de Dieu, mais encore de tous ceux qui s'appliquent à concevoir spirituellement par la foi ce même Verbe, à l'enfanter et à le nourrir dans leur cœur, et dans celui du prochain, par la pratique des bonnes œuvres : " Mais Jésus lui répondit : Bien plus heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique. "
La Mère de Dieu est heureuse pour avoir été dans le temps l'instrument de l'incarnation du Verbe, mais elle est bien plus heureuse pour avoir gardé inviolablement et éternellement son saint amour. Ces paroles sont une condamnation des sages d'entre les Juifs qui, au lieu d'écouter la parole de Dieu et de la mettre en pratique, en faisaient un objet de négations et de blasphèmes.
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23-07-2010 - Imitation de Jésus-Christ |
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Commentaire du jour :
Imitation de Jésus-Christ, traité spirituel du 15ème siècle § 2, 2-3
« Le plus grand parmi vous sera votre serviteur »
Si tu sais te taire et demeurer patient, sans aucun doute tu recevras l'assistance du Seigneur. C'est lui qui connaît le moment et la manière de te délivrer, et voilà pourquoi tu dois t'abandonner à lui. C'est de Dieu que vient le secours, la délivrance de toute humiliation.
Il est souvent très avantageux, pour nous garder dans une plus grande humilité, que les autres connaissent et critiquent nos manquements. Quand un homme s'humilie de ses manquements, il lui est facile d'apaiser les autres, et il gagne facilement ceux qui s'irritent contre lui.
L'humble, Dieu le défend et le délivre ; l'humble, il le chérit et le console ; vers celui qui est humble il s'incline. A celui qui est humble il accorde une grâce abondante, et après son abaissement il le fait monter vers la gloire. Celui qui est humble, il lui révèle ses secrets, il l'attire et l'invite doucement à venir vers lui.
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23-07-2010 - Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge |
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Grande confiance en Dieu et en Marie 216. 4 La Sainte Vierge vous remplira d'une grande confiance en Dieu et en elle-même : 1 parce que vous n'approcherez plus de Jésus-Christ par vous-même, mais toujours par cette bonne Mère ; 2 parce que, lui ayant donné tous vos mérites, grâces et satisfactions, pour en disposer à sa volonté, elle vous communiquera ses vertus et elle vous revêtira de ses mérites, en sorte que vous pourrez dire à Dieu avec confiance : Voici Marie votre servante : qu'il me soit fait selon votre parole : Ecce ancilla Domini, fiat mihi secundum verbum tuum ; 3 parce que, vous étant donné à elle tout entier, corps et âme, elle qui est libérale avec les libéraux et plus libérale que les libéraux mêmes, se donnera à vous par retour d'une manière merveilleuse, mais véritable ; en sorte que vous pourrez lui dire hardiment : Tuus sum ego, salvum me fac : Je suis à vous, Sainte Vierge, sauvez-moi ; ou comme j'ai déjà dit, avec le Disciple bien-aimé : Accepi te in mea : Je vous ai prise, sainte Mère, pour tous mes biens. Vous pourrez encore dire, avec saint Bonaventure : Ecce Domina salvatrix mea, fiducialiter agam, et non timebo, quia fortitudo mea, et laus mea in Domino es tu... ; et en un autre endroit : Tuus totus ego sum, et omnia mea tua sunt, o Virgo gloriosa, super omnia benedicta ; ponam te ut signaculum super cor meum, quia fortis est ut mors dilectio tua (S. Bon. In psal. min. B.V.) Ma chère Maîtresse et salvatrice, j'agirai avec confiance et je ne craindrai point, parce que vous êtes ma force et ma louange dans le Seigneur... Je suis tout vôtre, et tout ce que j'ai vous appartient ; ô glorieuse Vierge, bénite par-dessus toutes choses créées, que je vous mette comme un cachet sur mon cœur, parce que votre dilection est forte comme la mort ! Vous pourriez dire à Dieu dans les sentiments du Prophète : Domine, non est exaltatum cor meum, neque elati sunt oculi mei ; neque ambulavi in magnis, neque in mirabilibus super me ; si non humiliter sentiebam, sed exaltavi animam ; sicut ablactatus super matre sua, ita retributio in anima mea : Seigneur, ni mon cœur, ni mes yeux n'ont aucun sujet de s'élever et de s'enorgueillir, ni de rechercher les choses grandes et merveilleuses ; et, avec cela, je ne suis pas encore humble, mais j'ai relevé et encouragé mon âme par la confiance ; je suis comme un enfant sevré des plaisirs de la terre et appuyé sur le sein de ma mère ; et c'est sur ce sein qu'on me comble de biens. 4 Ce qui augmentera encore votre confiance en elle, c'est que, lui ayant donné en dépôt tout ce que vous avez de bon pour le donner ou le garder, vous aurez moins de confiance en vous et beaucoup plus en elle, qui est votre trésor. Oh ! quelle confiance et quelle consolation pour une âme qui peut dire que le trésor de Dieu, où il a mis tout ce qu'il a de plus précieux, est le sien aussi ! Ipsa est thesaurus Domini : Elle est, dit un saint, le trésor du Seigneur.
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22-07-2010 - Saint [Padre] Pio de Pietrelcina |
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Saint [Padre] Pio de Pietrelcina (1887-1968), capucin CE, 18.16 ; AD, 54 (trad. Une Pensée, Médiaspaul 1991, p. 63)
« Qui est cet homme, qui va jusqu'à pardonner les péchés ? »
Que l'espérance en la miséricorde de Dieu nous soutienne dans le tumulte des passions et des contrariétés. Courons avec confiance vers le sacrement de pénitence, où le Seigneur nous attend à tout moment avec une tendresse infinie. Et une fois nos péchés pardonnés, oublions-les, car le Seigneur l'a déjà fait avant nous. En admettant même que tu aies commis tous les péchés du monde, le Seigneur te le répète : « Tes nombreux péchés te sont remis parce que tu as beaucoup aimé ».
Seigneur Jésus, tu es toute douceur : comment pourrais-je donc vivre sans toi ? Viens, Seigneur, prendre toi seul possession de mon cœur.
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21-07-2010 - Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge |
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Grâce du pur amour 215. 3 Cette Mère de la belle dilection ôtera de votre cœur tout scrupule et toute crainte servile déréglée : elle l'ouvrira et l'élargira pour courir dans les commandements de son Fils, avec la sainte liberté des enfants de Dieu, et pour y introduire le pur amour, dont elle a le trésor ; en sorte que vous ne vous conduirez plus, tant que vous avez fait, par crainte à l'égard de Dieu charité, mais par le pur amour. Vous Le regarderez comme votre bon Père, auquel vous tâcherez de plaire incessamment, avec qui vous converserez confidemment, comme un enfant avec son bon père. Si vous venez, par malheur, à L'offenser, vous vous en humilierez aussitôt devant Lui, vous Lui en demanderez pardon humblement, vous Lui tendrez la main simplement et vous vous en relèverez amoureusement, sans trouble ni inquiétude, et continuerez à marcher vers Lui sans découragement.
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21-07-2010 - Saint Jean Chrysostome |
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Saint Jean Chrysostome (vers 345-407), évêque d'Antioche puis de Constantinople, docteur de l'Eglise Commentaire sur St Matthieu
« Un seul iota ou un seul trait de la Loi ne passera pas, que tout ne soit accompli »
Le Seigneur s'exprime ainsi pour deux raisons : premièrement, pour engager ses disciples à imiter son exemple, en s'efforçant d'accomplir toute la loi, ainsi qu'il le faisait lui-même ; secondement, les Juifs devaient l'accuser plus tard de violer la loi (Mt 12; Mc 2; Lc 6; Jn 5; etc.) ; il fait donc raison de cette calomnie avant même qu'elle se produise. Jésus-Christ a donc accompli les prophéties en réalisant tout ce qu'elles avaient prédit de lui, et il a également accompli la loi en n'omettant aucune des prescriptions légales et en justifiant les hommes par la foi, ce que la lettre de la loi ne pouvait faire.
Si un homme ami de la vérité ne peut s'empêcher de rougir lorsqu'on surprend un mensonge sur ses lèvres, et si l'homme sage ne promet jamais rien qu'il ne l'exécute, comment les paroles divines pourront-elles demeurer sans effet ? Et c'est pour cela qu'il conclut : « Quiconque violera un de ces commandements les plus petits de tous et enseignera aux hommes à les violer, sera regardé comme le dernier dans le royaume de Dieu ».
Le Seigneur nous fait entendre clairement, ce me semble, quels sont ces commandements les moindre de tous. Les commandements de Moïse, « Vous ne tuerez pas, vous ne commettrez pas d'adultère », sont d'un accomplissement facile, car l'énormité du crime effraie et arrête la volonté ; aussi la récompense qu'ils promettent est minime, bien que le crime qu'ils défendent soit grand. Les commandements du Christ au contraire : « Vous ne vous mettrez pas en colère, vous ne convoiterez pas », sont difficiles à observer, et par la même raison, la récompense qui les sanctionne est grande, bien que ce qu'ils défendent soit léger. Il s'agit donc ici de ces préceptes du Christ : « Vous ne vous mettrez pas en colère, vous ne convoiterez pas ». Ceux qui commettent ces fautes légères seront les derniers dans le royaume de Dieu ; c'est-à-dire celui qui se sera mis en colère sans commettre un grand péché, n'aura pas à craindre la peine de la damnation éternelle, mais il ne partagera pas la gloire de ceux qui auront observé ces commandements de moindre importance.
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20-07-2010 - Saint Pie X, |
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Saint Pie X, pape de 1903 à 1914 Encyclique « E supremi apostolatus »
Envoyés par le Christ vers le monde entier
« Personne ne peut poser d'autre fondement que celui qui a été posé, le Christ Jésus » (1Co 3,11). C'est lui seul « que le Père a consacré et envoyé dans ce monde » (Jn 10,36), « splendeur du Père et expression parfaite de son être » (He 1,3), vrai Dieu et vrai homme, sans qui personne ne peut connaître Dieu comme il faut, car « personne n'a connu le Père si ce n'est le Fils et celui à qui le Fils a voulu le révéler » (Mt 11,27). D'où il suit que « tout restaurer dans le Christ » (Ep 1,10) et ramener les hommes à l'obéissance à Dieu sont une seule et même chose. Et c'est pourquoi le but vers lequel doivent converger tous nos efforts, c'est de ramener le genre humain à la souveraineté du Christ. Cela fait, l'homme se trouvera, par là même, amené à Dieu : non pas un Dieu inerte et insoucieux des réalités humaines, comme certains philosophes l'ont imaginé, mais un Dieu vivant et vrai, en trois personnes dans l'unité de leur nature, créateur du monde, étendant à toute chose sa providence infinie, juste donateur de la Loi qui jugera l'injustice et assurera à la vertu sa récompense.
Or, où est la voie qui nous donne accès auprès de Jésus Christ ? Elle est sous nos yeux : c'est l'Eglise. Saint Jean Chrysostome nous le dit avec raison : « L'Église est ton espérance, l'Église est ton salut, l'Église est ton refuge. » C'est pour cela que le Christ l'a établie, après l'avoir acquise au prix de son sang. C'est pour cela qu'il lui a confié sa doctrine et les préceptes de sa Loi, lui prodiguant en même temps les trésors de sa grâce pour la sanctification et le salut des hommes. Vous voyez donc, vénérables frères, quelle œuvre nous est confiée...: ne viser rien d'autre que former en tous Jésus Christ... C'est la même mission que Paul attestait avoir reçue : « Mes petits enfants, je vous enfante à nouveau jusqu'à ce que le Christ ait pris forme en vous » (Ga 4,19). Or, comment accomplir un tel devoir sans être d'abord « revêtus du Christ » ? (Ga 3,27) Et revêtus jusqu'à pouvoir dire : « Pour moi, le Christ est ma vie » (Ph 1,21).
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