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05-09-2010 - Saint Ambroise |
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Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l'Église Sur l'évangile de St Luc, V, 89 (trad. cf SC 45, p. 214)
Les pleurs d'une mère
La divine miséricorde se laisse vite fléchir par les gémissements de cette mère. Elle est veuve ; les souffrances ou la mort de son fils unique l'ont brisée... Il me semble que cette veuve, entourée de la foule du peuple, est plus qu'une simple femme méritant par ses larmes la résurrection d'un fils, jeune et unique. Elle est l'image même de la Sainte Eglise qui, par ses larmes, au milieu du cortège funèbre et jusque dans le tombeau, obtient de rappeler à la vie le jeune peuple du monde...
Car à la parole de Dieu les morts ressuscitent, ils retrouvent la voix et la mère recouvre son fils ; il est rappelé de la tombe, il est arraché au sépulcre. Quelle est cette tombe pour vous, sinon votre mauvaise conduite ? Votre tombeau c'est le manque de foi... De ce sépulcre, le Christ vous libère ; vous sortirez du tombeau si vous écoutez la parole de Dieu. Et si votre péché est trop grave pour que puissent le laver les larmes de votre pénitence, qu'interviennent pour vous les pleurs de votre mère l'Eglise... Elle intercède pour chacun de ses enfants, comme pour autant de fils uniques. En effet, elle est pleine de compassion et éprouve une douleur spirituelle toute maternelle lorsqu'elle voit ses enfants entraînés à la mort par le péché.
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05-09-2010 - Les Confessions |
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CHAPITRE IV. GRANDEURS INEFFABLES DE DIEU. 4. Qu’êtes-Vous donc, mon Dieu ? qu’êtes-Vous, sinon le Seigneur Dieu ? « Car quel autre Seigneur que le Seigneur, quel autre Dieu que notre Dieu (Ps XVII, 32) ? » O très-haut, très-bon, très-puissant, tout-puissant, très-miséricordieux et très-juste, très-caché et très-présent, très-beau et très-fort, stable et incompréhensible, immuable et remuant tout, jamais nouveau, jamais ancien, renouvelant tout et conduisant à leur insu les superbes au dépérissement, toujours en action, toujours en repos, amassant sans besoin, Vous portez, remplissez et protégez ; Vous créez, nourrissez et perfectionnez, cherchant lorsque rien ne Vous manque ! Votre amour est sans passion ; Votre jalousie sans inquiétude ; Votre repentance, sans douleur ; Votre colère, sans trouble ; Vos œuvre changent, Vos conseils ne changent pas. Vous recouvrez ce que Vous trouvez et n’avez jamais perdu. Jamais pauvre, Vous aimez le gain ; jamais avare, et Vous exigez des usures. On Vous donne de surérogation pour Vous rendre débiteur ; et qu’avons-nous qui ne soit Vôtre ? Vous rendez sans devoir ; en payant, Vous donnez et ne perdez rien. Et qu’ai-je dit, mon Dieu, ma vie, mes délices saintes ? Et que dit-on de Vous en parlant de Vous ? Mais malheur à qui se tait de Vous ! car sa parole est muette.
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04-09-2010 - Les Confessions |
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CHAPITRE III. DIEU EST TOUT ENTIER PARTOUT. 3. Etes-Vous donc contenu par le ciel et la terre, parce que Vous les remplissez ? ou les remplissez-Vous, et reste-t-il encore de Vous, puisque Vous n’en êtes pas contenu ? Et où répandez-Vous, hors du ciel et de la terre, le trop plein de Votre être ? Mais avez-Vous besoin d’être contenu, Vous qui contenez tout, puisque Vous n’emplissez qu’en contenant ? Les vases qui sont pleins de Vous ne Vous font pas Votre équilibre ; car s’ils se brisent, Vous ne Vous répandez pas ; et lorsque Vous Vous répandez sur nous, Vous ne tombez pas, mais Vous nous élevez ; et Vous ne Vous écoulez pas, mais Vous recueillez. Remplissant tout, est-ce de Vous tout entier que Vous remplissez toutes choses ? Ou bien, tout ne pouvant Vous contenir, contient-il partie de Vous, et toute chose en même temps cette même partie ? ou bien chaque être, chacune ; les plus grands, davantage ; les moindres, moins ? Y a-t-il donc en Vous, plus et moins ? Ou plutôt n’êtes-Vous pas tout entier partout, et, nulle part, contenu tout entier ?
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04-09-2010 - Saint Jean Chrysostome |
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Saint Jean Chrysostome (vers 345-407), évêque d'Antioche puis de Constantinople, docteur de l'Eglise Homélie 45 et 43 sur St Matthieu
Marie, modèle des vertus
Considérez quelle indiscrétion c'était que d'enlever le Sauveur à tout ce peuple qui l'entourait et qui, suspendu à ses lèvres, écoutait ses divins enseignements. Aussi, Notre-Seigneur leur en fait-il un reproche : « Il leur répondit : Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu, » etc. En parlant de la sorte, le Sauveur ne reniait pas sa mère, mais il montrait qu'il n'eût servi de rien à Marie de l'avoir mis au monde, si elle n'eût d'ailleurs été le modèle de toutes les vertus. Or, s'il n'y avait aucun avantage pour Marie d'avoir donné le jour à Jésus-Christ, sans les vertus qui ornaient d'ailleurs son âme, n'espérons rien absolument des vertus d'un père, d'un frère ou d'un fils, si nous ne faisons aucun effort pour les imiter.
Notre-Seigneur ne veut pas non plus faire ici un reproche à sa mère, mais lui accorder une grâce signalée. En effet, s'il avait tant à cœur de donner une juste idée de sa personne au reste des hommes, combien plus devait-il le désirer pour sa mère, car jamais il ne l'eût élevé à un si haut degré de grandeur, si elle eût pu croire qu'il lui obéirait toujours comme un fils, et si au contraire elle ne l'eût reconnu comme son Dieu.
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03-09-2010 - Les Confessions |
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CHAPITRE II. DIEU EST EN L’HOMME ; L’HOMME EST EN DIEU.
2. Et comment invoquerai-je mon Dieu, mon Dieu et Seigneur ? car l’invoquer, c’est l’appeler en moi. Et quelle place est en moi, pour qu’en moi vienne mon Dieu ? pour que Dieu vienne en moi, Dieu qui a fait le ciel et la terre ? Quoi ! Seigneur mon Dieu, est-il en moi de quoi Vous contenir ? Mais le ciel et la terre que Vous avez faits, et dans qui Vous m’avez fait, Vous contiennent-ils ? Or, de ce que sans Vous rien ne serait, suit-il que tout ce qui est, Vous contienne ? Donc, puisque je suis, comment Vous demandé-je de venir en moi, qui ne puis être sans que Vous soyez en moi ? et pourtant je ne suis point aux lieux profonds, et Vous y êtes ; « car si je descends en enfer je Vous y trouve (Ps CXXXVIII,8). » Je ne serais donc point, mon Dieu, je ne serais point du tout si Vous n’étiez en moi. Que dis-je ? je ne serais point si je n’étais en Vous, « de qui, par qui et en qui toutes choses sont (Rom. XI, 36.» Il est ainsi, Seigneur, il est ainsi. Où donc Vous appelé-je, puisque je suis en Vous ? D’où viendrez-Vous en moi ? car où me retirer hors du ciel et de la terre, pour que de là vienne en moi mon Dieu qui a dit: « C’est moi qui « remplis le ciel et la terre (Jérém. XXIII, 24) ? »
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03-09-2010 - Saint Augustin |
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Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église Sermons sur saint Jean, 122, 2-4 ; 123, 5 (Véricel, L'Evangile commenté, p. 350-351)
« Sois le pasteur de mes brebis »
Le Seigneur demande à Pierre s'il l'aime, ce qu'il savait déjà ; et il le lui demande non pas une fois, mais deux et même trois. Et chaque fois Pierre répond qu'il l'aime ; et chaque fois Jésus lui confie le soin de faire paître ses brebis. A son triple reniement répond ici une triple affirmation d'amour. Il faut que sa langue serve son amour, comme elle a servi sa peur ; il faut que sa parole témoigne aussi clairement devant la vie qu'elle l'a fait devant la mort. Il faut qu'il donne une preuve de son amour en s'occupant du troupeau du Seigneur, comme il en a donné de sa crainte en reniant le Pasteur.
Il devient évident que ceux qui s'occupent des brebis du Christ avec l'intention d'en faire leurs brebis plutôt que celles du Christ ont de l'affection pour eux au lieu d'en avoir pour le Christ. C'est le désir de la gloire, de la domination ou du profit qui les conduit, et non le désir aimant d'obéir, de secourir et de plaire à Dieu. Cette parole trois fois répétée par le Christ condamne ceux que l'Apôtre gémit de voir chercher leurs intérêts plutôt que ceux de Jésus-Christ (Ph 2,21). Que signifient, en effet, ces paroles : « M'aimes-tu ? Pais mes brebis » ? C'est comme s'il disait : Si tu m'aimes, ne t'occupe pas de toi, mais de mes brebis ; regarde-les non comme les tiennes, mais comme les miennes ; en elles, cherche ma gloire, et non la tienne ; mon pouvoir, et non le tien ; mes intérêts, et non les tiens... Ne nous préoccupons donc pas de nous-mêmes; aimons le Seigneur et, en nous occupant de ses brebis, recherchons l'intérêt du Seigneur sans nous inquiéter du nôtre.
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02-09-2010 - Saint Bernard |
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Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l'Église Sermon sur les négoces (trad. alt. Tournay)
Un commerce bien précieux
Le Verbe du Père, le Fils unique de Dieu, ce grand négociant nous a apporté le prix de notre rédemption. C'est un commerce bien précieux, qu'on n'estimera jamais assez, que celui où le fils du Roi est devenu le change, le juste qui est donné pour le pécheur. Miséricorde vraiment gratuite, amour parfaitement désintéressé, bonté surprenante, commerce tout à fait disproportionné où le Fils de Dieu est livré pour le serviteur, le Créateur est mis à mort pour la créature, le Seigneur est condamné pour son esclave.
Ô mon Seigneur Jésus! Ce sont là tes œuvres, toi qui es descendu de la clarté du ciel dans nos ténèbres d'enfer pour illuminer notre prison obscure. Tu es descendu de la droite de la divine majesté dans notre misère humaine, pour racheter le genre humain ; tu es descendu de la gloire du Père dans la mort de la croix, pour triompher de la mort et de son auteur. Tu es le seul et il n'y en a pas d'autre que toi qui ait été attiré par sa propre bonté à nous racheter...
Que tous les négociants de Théman (Ba 3,23) se retirent de ce lieu : ce n'est point eux que tu as choisis, mais Israël, toi qui caches ces mystères aux sages et aux prudents, et les révèles à tes petits et humbles serviteurs (Lc 10,21). Seigneur, que volontiers j'embrasse ce commerce, car c'est là mon affaire ! Je me rappellerai tout ce que tu as fait, toi qui veux que je m'en entretienne... Je ferai donc profiter ce talent que tu m'as remis jusqu'à ton retour, et j'irai avec grande joie au-devant de toi. Dieu veuille que j'entende alors ces douces paroles : « Courage, bon serviteur ! Entre dans la joie de ton Maître ! » (Mt 25,21).
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02-09-2010 - Les Confessions |
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Saint Augustin d'Hippone Les Confessions LIVRE PREMIER : ENFANCE DE SAINT AUGUSTIN
CHAPITRE PREMIER. GRANDEUR DE DIEU. 1. « Vous êtes grand, Seigneur, et infiniment louable (Ps, CXLIV, 3) ; grande est Votre Puissance, et il s n’est point de mesure à Votre Sagesse (Ps. CXLVI, 5). » Et c’est Vous que l’homme veut louer, chétive partie de Votre création, être de boue, promenant sa mortalité, et par elle le témoignage de son péché, et la preuve éloquente que Vous résistez, Dieu que Vous êtes, aux superbes (I Petr. V, 5) ! Et pourtant il veut Vous louer, cet homme, chétive partie de Votre création ! Vous l’excitez à se complaire dans Vos louanges ; car Vous nous avez faits pour Vous, et notre cœur est inquiet jusqu’à ce qu’il repose en Vous. Donnez-moi, Seigneur, de savoir et de comprendre si notre premier acte est de Vous invoquer ou de Vous louer, et s’il faut, d’abord, Vous connaître ou Vous invoquer. Mais qui Vous invoque en Vous ignorant ? On peut invoquer autre que Vous dans cette ignorance. Ou plutôt ne Vous invoque-t-on pas pour Vous connaître ? « Mais est-ce possible, sans croire ? Et comment croire, sans apôtre (Rom. X, 14) ?» Et: « Ceux-là loueront le Seigneur, qui Le recherchent (Ps. XXI, 27).» Car Le cherchant, ils Le trouveront, et Le trouvant, ils Le loueront. Que je Vous cherche Seigneur, en Vous invoquant, et que je Vous invoque en croyant en Vous ; car Vous nous avez été annoncé. Ma foi Vous invoque, Seigneur, cette foi que Vous m’avez donnée, que Vous m’avez inspirée par l’humanité de votre Fils, par le ministère de votre apôtre.
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01-09-2010 - Saint Jean Chrysostome |
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Saint Jean Chrysostome (vers 345-407), évêque d'Antioche puis de Constantinople, docteur de l'Église Homélie 21 sur Saint Matthieu, 1 ; PG 57, 294-296 (Bouchet, Lectionnaire, p. 294-295)
« Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'Argent »
Voyez quels avantages Jésus-Christ nous promet et combien ses préceptes nous sont utiles, puisqu'ils nous délivrent de si grands maux. Le mal que vous causent les richesses, dit-il, n'est pas seulement d'armer les voleurs contre vous et de remplir votre esprit d'épaisses ténèbres. La grande plaie qu'elles font, c'est qu'elles vous arrachent à la bienheureuse servitude de Jésus-Christ pour vous rendre esclaves d'un métal insensible et inanimé.
« Vous ne pouvez servir Dieu et l'Argent. » Tremblons, frères, à la pensée que nous forçons Jésus-Christ de nous parler de l'argent comme d'une divinité opposée à Dieu ! Mais quoi, direz-vous, les anciens patriarches n'ont-ils pas trouvé le moyen de servir tout ensemble Dieu et l'argent ? Nullement. Mais comment donc Abraham, comment Job ont-ils jeté tant d'éclat par leur magnificence ? Je vous réponds qu'il ne faut point alléguer ici ceux qui ont possédé les richesses, mais ceux qui en ont été possédés. Job était riche ; il se servait de l'argent, mais il ne servait pas l'argent, il en était le maître et non l'adorateur. Il considérait son bien comme s'il eût été un autre, il s'en regardait comme le dispensateur et non comme le propriétaire... C'est pourquoi il ne s'affligea point lorsqu'il le perdit.
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