En 1937, Melle Jeanne POUTRIQUET, suite à un pèlerinage au Folguet (Bretagne) avec l’appui de plusieurs prêtres, fondait à Paris l’Aventure de l’Evangile.
1939, nous sommes dans la « Mission de Paris » voulue par le Cardinal Suhard, archevêque de Paris. L’Aventure de l’Evangile y trouve sa place : des « moines » dans les villes. Un groupe de femmes, conseillées par des prêtres, commence à vivre une vie monastique au coeur de Paris.
Puis commence l’expérience de Javel, avec ces luttes, ces contradictions. Les échanges de lettres entre son père et le père Ligot, ne changera rien, Jeanne reste fermement attachée à la voie que lui dit de prendre Notre Dame « Ma Reine » comme elle aimait dire. Conseillée par des prêtres, elle commençait avec plusieurs compagnes de St François: « l’Aventure de l’Evangile ». L’un des prêtres amis, en avril 1944, la conduira au cardinal Suhard qui accordera sa paternelle bénédiction à l’oeuvre. Son Éminence meurt le 30 mai 1949, mais l’Aventure continuera sous l’ombre de l’Eglise, avec Mgr Broot, Mgr Touzet, Mgr Touvet.
Au début de l’année 1951, le prêtre tant demandé et attendu est enfin donné: l’Abbé Pierre BALZON, il donna toute sa vie à l’Aventure de l’Évangile, en vouant son sacerdoce à la royauté universelle et effective de Marie.
Le 15 septembre 1960 Jeanne Poutriquet écrit au Cardinal de Paris en réponse à sa demande :
- « En quoi l’Aventure permet-elle de réaliser la vocation de consacré ?
Se consacrer c’est d’abord reconnaître sa dépendance totale envers Dieu. Tout chrétien doit la reconnaître par son baptême puisque, renonçant à l’esclavage du démon, il se fait esclave de Dieu. En ce sens la consécration n’est pas un acte distinct de celui du baptême. Elle en est la réalisation. Est-ce à dire que ceux qui se marient renoncent à leurs promesses ? Assurément Non ! Du reste le mariage est un sacrement, mais choisissant cet état, ils rendent en quelque sorte indirecte leurs réalisations. Celui qui se consacre, renonçant à l’amour humain, connaît dès ce monde, l’état d’union que d’autres ne trouvent que dans l’éternité.
Avec le concile Vatican II, l’oeuvre de Marie Reine rentre dans la résistance.Elle dit non aux réformes qui changent la foi. Le Père BALZON reste ferme dans ses positions, Jeanne et les autres membres feront de même. En 1973 le Père Balzon était rappelé à la maison du Père, la communauté continue à vivre, des prêtres viennent assurer la Messe.
Le petit frère (oblats de Marie Reine, homme ou femme) est plus particulièrement consacré au Verbe Incarné, c’est-à-dire à Dieu se faisant homme par Amour pour racheter le monde et le réconcilier en lui. La forme de vie du consacré n’est autre que celle que Jésus a choisie pour lui-même et pour la Sainte Famille. Appartenant à une famille, il exerce, pour gagner sa vie, une profession qui est la sienne avant d’avoir reçu son appel. C’est ainsi qu’il réalise avant tout sa consécration dans une vie d’union toute soumise à la Volonté de Dieu exprimée non seulement par les supérieurs, mais par tous ceux dont il dépend à un titre où à un autre, ne serait-ce que sur le plan matériel, en sorte qu’à l’image de Jésus et en union avec lui, l’oblat se veut soumis à toute créature.
L’oblat trouvera donc la solitude non dans un cadre rigide, mais dans le fait qu’il vit dans une vie simple, dans les conditions que rencontrent quotidiennement les pauvres. Il y trouvera aussi l’amitié, expression de la charité à l’égard de ceux qui l’entourent, amitié qui ne sera en rien une recherche de lui-même, mais une réponse de l’amour dans la simplicité du coeur. Ceci suppose un rude combat; combat à l’égard de soi-même, car s’il est simple de saisir que tant que nous serons en ligne de compte, ce n’est pas Jésus qui comptera, il est moins facile de laisser tomber tout ce qui vous préoccupe inutilement, et de cette réponse peut dépendre beaucoup pour son règne ; Combat à l’égard de Satan dans le monde car l’amitié n’est pas une solution de facilité déterminant des relations agréables à l’égard de ceux qui nous entourent. Elle est le triomphe de la charité ce qui suppose non seulement le renoncement à nous-mêmes, mais bien souvent la fermeté.
Ainsi dégagé de soucis superflus et de préoccupations personnelles, l’oblat peut, dans la joie, s’unir à l’action de grâce que Jésus a sans cesse fait monter à l’égard de son Père. Il y joint toutes les intentions du Royaume, aspirant à ce que son Règne triomphe et portant avec lui toutes les intentions de ceux qui sont avec lui, qui l’entourent.
Plusieurs choses semblent à préciser : vocation de solitude, dit- on, oui mais pas d’isolement, de vie seul en apparence… Mais transformée par l’amitié des saints et plus particulièrement de la Sainte Famille en qui l’oblat, à la suite de Jésus, est appelé dès cette terre à trouver sa place d’éternité.
Vie simple donc qui n’a rien de factice mais qui permet de tout donner dans l’obéissance. La consécration ne veut pas dire « mise à part » au sens de séparer extérieurement. Jésus a voulu nous sauver en vivant la vie de chacun. Jésus a eu les relations qu’exigeait son métier de charpentier. Mais il a répondu en Fils de Dieu aux circonstances providentielles de chaque jour.
La vie de l’oblat n’est autre que celle de l’Evangile vécue dans la docilité à l’Esprit Saint. Sa réponse est non pas dans quelques initiatives –serait-ce même et surtout pas- dans de l’apostolat, mais dans la docilité et donc dans la vérité.
L’Aventure de l’Evangile, n’ayant de vocation particulière au sens d’oeuvre, l’oblat ne se distinguera en rien des autres, ni par le choix d’un travail qui serait un but en lui-même, ni par une action quelconque dans le monde, ni par une règle extérieure, encore bien moins par des attitudes extérieures.
L’oblat travaille comme ses frères, il est pauvre simplement sans rechercher ; il vit seul, mais connaît l’amitié ; le seul témoignage qui doit porter est celui d’une vie toute orientée vers Dieu et le besoin de donner cet amour qu’il reçoit de Dieu aux autres.
En 1998, rencontre entre la Fraternité Sacerdotale Notre Dame (fondée par Mgr Pierre Martin NGO-DINH-THUC en 1982) et l’oeuvre de Marie Reine.
En 1999 installation de la fraternité et union des deux groupes qui deviennent : « OBLATS DE MARIE REINE ».
Les Oblats de Marie Reine font partie de l’ORDRE DE PORT ROYAL, Cistercien œcuménique, soutenu par des dizaines de familles chrétiennes, attachées à la foi reçue des apôtres, ainsi qu'à la liturgie et à la messe catholique traditionnelle de Saint Pie V. Il faut se souvenir qu'au lendemain du concile, des innovations liturgiques et des divagations doctrinales importantes firent leurs apparitions. Le Pape Paul VI dut intervenir officiellement à plusieurs reprises contre cet état de choses. A La Ferté-Gaucher, l’oeuvre de Marie Reine, le Domaine comme on l’appelle, resta fidèle à la liturgie catholique traditionnelle, à la messe de saint Pie V, au dogme du saint sacrifice de la messe, tel qu'il a été défini par le concile de Trente.
Ils s'engagent dans un accueil pastoral plus évangélique à l'égard de tous ceux qui se trouvaient éloigné de l'Eglise pour diverses raisons. Ils sont ouverts à tous leurs Frères Chrétiens dans l’Esprit de l’Eglise Indivise selon les Conciles de Florence et de Lyon.
L’oeuvre de Marie Reine s'est beaucoup développée depuis sa fondation en 1936. Son rayonnement s'étend à plusieurs régions du monde et son souci d'ouverture pastorale est à l'encontre de tout esprit fondamentaliste ou intégriste.
Les Oblats préconisent que les sacrements sont faits pour les hommes et non l'inverse.
"Sacramenta propter homines". Pour notre monde déchristianisé, il est souhaitable de concevoir un accueil soucieux de ne pas éteindre la mèche qui fume encore, de ne pas couper le roseau déjà brisé. Il fallait enseigner, instruire en se mettant au niveau de chacun et non de procéder à des exclusions. Car même si plus tard, certains s'éloignaient de l'Eglise, il leur restait au fond d'eux-mêmes le souvenir d'un accueil charitable, d'une Eglise compatissante, d'une prière, d'une rencontre spirituelle avec Dieu et non celui d'un rejet inoubliable.
Combien de gens qui s'étaient éloignés de l'Eglise ont retrouvé son chemin sous l'action de la grâce qui ne manque jamais à personne, parce que leur coeur avait gardé le souvenir de ce premier contact avec Dieu et l'Eglise ? Jésus est venu, non pour les justes, mais pour les pécheurs que nous sommes tous ! Nombre de théologiens récents préconisent un œcuménisme basé sur la richesse de la diversité des communautés dont l'union serait centrée sur la personne du Christ, son message, vécu selon la diversité des pays, des sensibilités culturelles, des données historiques qui forment les individus et leurs formations intellectuelles.
La Congrégation des Oblats de Marie Reine, membre de l’ORDRE DE PORT ROYAL, professe toujours la foi catholique reçue des apôtres et se déclare en communion spirituelle de foi avec toutes les Eglises chrétiennes. Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous sépare.
Les Oblats de Marie Reine respectent et honorent le Pape comme le Primus Inter Pares. La pastorale des Oblats cherche tout simplement à faire connaître et à faire aimer Notre Seigneur Jésus Christ, Sauveur et Rédempteur du monde à travers Sa Mère, Notre Très Sainte Mère La Vierge Marie, Reine du Ciel et de la Terre. C'est la véritable mission que les Oblats ont reçu de Notre Dame, faire connaître et aimer son Fils. Il faut redire sans cesse que pour Dieu, il n'y a jamais de vie perdue. Un Père n’exclu jamais de son coeur un de ses fils, sa miséricorde est infinie. Les Oblats de Marie Reine vivent selon la règle de Saint Benoît, vivant l’Ora en récitant l’office des heures selon le bréviaire monastique et le Labora par l’apostolat.
Leur mission pastorale est celle de révéler à tous la miséricorde et l’amour infinis de Dieu pour nous. C'est là leur but et leur pastorale !
Leur devise : « DIEU PREMIER SERVI »
ABBAYE DE MARIE REINE
Communauté Catholique Traditionnelle.
12/14, Rue du Lavoir
77320 LA FERTE-GAUCHER
Tél. /Fax. : 01 64 04 09 22
E-mail : oblats.de.marie.reine@wanadoo.fr